03.02.2011

ProTell censuré par la Ville de Genève

Des membres de ProTell, parmi eux plusieurs officiers et sous-officiers de l'Armée suisse, nous informent que la Ville de Genève a récemment bloqué l'accès au site internet de ladite association sur les PC professionnels et publics de la Municipalité ainsi que sur le réseau Wi-Fi gratuit genevois.

Pour rappel, ProTell veille, en toute indépendance politique et économique, aux intérêts de tous les citoyens du pays qui possèdent et portent des armes et qui, pour certains, pratiquent régulièrement le tir sportif. Précisons encore que cette société n'est en rien une organisation extrémiste !

Cette censure politique arrive dans un contexte particulier. En effet, le peuple suisse est invité à s'exprimer le 13 février prochain sur l'initiative populaire intitulée Pour la protection face à la violence des armes qui vise à remplacer l’actuel système d’autorisation et de contrôle pour la possession d’armes à feu par une nouvelle réglementation plus sévère. Le texte soumis à votation réclame, par exemple, que le citoyen-soldat devra déposer obligatoirement son/ses arme(s) d'ordonnance à l'Arsenal de son canton domiciliaire en dehors des périodes de service militaire.

On est en droit de savoir si cette décision a été prise par l'Exécutif de la Ville de Genève in corpore ou par l'un de ses magistrats ou, pire, par un fonctionnaire de la Direction des systèmes d'information et de communication (DSIC) de l'Administration communale qui hait les armes à feu ?

Cette restriction d'accès internet, qui bafoue la liberté d'expression et le droit à l'information, est d'autant plus inacceptable que dans le reste de la Suisse aucun pouvoir politique n'a appliqué pour l'heure la mesure de la Ville de Genève à l'encontre du site web de ProTell.

Bien entendu, nous avons interpellé la Mairie de Genève à ce sujet.

PS du 10.02.11 : grâce à l'intervention de Pro Libertate auprès de la Mairie, le site internet de ProTell est à présent accessible.

28.01.2011

Marche funèbre à Dresde

vorschaua2.jpgDepuis 1998, la Trauermarsch rend hommage à Dresde (D) aux victimes civiles des bombardements massifs effectués par les Alliés du 13 au 15 février 1945 sur la ville. On se souvient que la cité martyre, sans défense antiaérienne, a été presque entièrement détruite par la Royal Air Force et l'US Army Air Force, qui utilisèrent principalement des bombes incendiaires et à fragmentation lors de leurs missions mortifères, faisant des milliers de morts et de blessés.

Cette marche mémorielle, qui aura lieu le 13 février prochain, représente le plus grand meeting de l'extrême-droite en Allemagne. Elle est organisée par la Junge Landsmannschaft Ostdeutschland (JLO), formation proche du NPD, en collaboration avec d'autres organisations patriotiques. Divers orateurs, dont Olaf Rose et Maik Müller, s'exprimeront à cette occasion. Entre 3.000 et 5.000 participants sont attendus, parmi lesquels des survivants de la tragédie. Des militants nationalistes de plusieurs pays européens se joindront aussi à ce rassemblement, à l'instar de la Faction Georges Oltramare et du PNOS pour la Suisse. La plupart des gens seront vêtus de noir en signe de deuil.

Contre-manifestation

Une contre-manifestation est d'ores et déjà prévue à l'initiative de mouvements antifascistes, de syndicats, de partis politiques, des églises ainsi que d'associations juives. Il s'agira d'une chaîne humaine déployée à travers Dresde afin de contrer la parade nationaliste. La Maire de Dresde, Helma Orosz, invite tous les citoyens à y prendre part de même qu'aux différentes cérémonies officielles marquant cet anniversaire. Les mobilisés arboreront une Rose blanche, symbole de paix, en référence aux résistants allemands du groupe éponyme fondé par Sophie et Hans Sholl en 1942.

De leur côté, les activistes de Dresden NaziFrei feront tout ce qui est possible, tant sur le plan légal que physique, pour empêcher ou compromettre le défilé de l'extrême-droite.  "(...) Comme en 2010, nous bloquerons leur marche par tous les moyens. Nous utiliserons même la violence s'il le faut !" a déclaré aujourd'hui l'un de ses responsables, ce avant de conclure "C'est notre faute, à nous démocrates allemands, d'avoir laissé les néo-nazis instrumentaliser cet événement historique à leur profit. En commémorant la Shoah à tout bout de champ, nous en oublions d'honorer nos martyrs".

Les autorités de Dresde prennent ces menaces au sérieux. Elles s'attendent donc à des heurts entre les manifestants et à de possibles dégâts matériels sur la voie publique. Raison pour laquelle, un important service d'ordre sera déployé pour les circonstances dans la capitale de la Saxe. La police surveillera en particulier les partisans de Dresden NaziFrei et, par ailleurs, les anarchistes d'Antifa et du Black Bloc qui sont connus pour leurs actes d'agression contre les personnes et les biens au nom de leur idéologie. Le dispositif sécuritaire coûtera plusieurs centaines de milliers d'euros aux contribuables.

Les Alliés accusés de génocide

Interrogé à ce sujet, un cadre du NPD rétorque : "Le peuple allemand a le droit de célébrer ce sombre anniversaire en souvenir des milliers d'habitants innocents assassinés à Dresde par les raids anglo-américains. (...) A l'époque, l'excuse stratégique de neutraliser un centre ferroviaire majeur ne pouvait justifier militairement un tel massacre ! Ces meurtres de masse constituent des crimes de guerre, pour ne pas dire plus, qui sont restés injustement impunis." Et d'ajouter : "Pour nous, ce cortège annuel est avant tout un devoir de mémoire mais en aucun cas un prétexte pour falsifier l'Histoire ou excuser le nazisme comme veulent le faire croire nos adversaires."

Le dirigeant nous rappelle, par ailleurs, que les Alliés ont entrepris dès l'automne 1944 la destruction systématique d'agglomérations allemandes sans le moindre intérêt militaire, stratégique ou économique alors que la guerre était quasi perdue pour le IIIe Reich; le cas de Dresde étant un exemple significatif de ces villes qui ont été la cible de ces pilonnages aériens planifiés pour tuer à grande échelle et terroriser la population. Beaucoup de civils ont ainsi péri inutilement sous ces conventrisations de représailles. Au terme de l'entretien, le politicien avance même la thèse selon laquelle les Alliés, notamment les Soviétiques, auraient programmé un projet d'extermination du peuple allemand...

Plaintes en justice

Pour mémoire, la Municipalité de Dresde avait  tenté l'an dernier, ce sous la pression du Comité International d’Auschwitz, d'interdire la Trauermarsch, mais cela sans succès. En effet, les organisateurs avaient recouru en justice contre la décision administrative. Les tribunaux leurs avaient donné raison.

Cette commémoration devrait être pour l'Allemagne un jour de recueillement national, spécialement pour les  Dresdois, et non la cause d'affrontements.... entre Allemands. Hélas, il est à craindre que Dresde sera une nouvelle fois le théâtre de bagarres de rue entre les deux camps, malgré un imposant dispositif policier.

Les autorités locales, par leur parti pris, et les antifascistes de Dresden NaziFrei sont sans nul doute les premiers responsables de cette situation prévisible. Leur volonté de barrer la route à la Trauermarsch en cherchant la confrontation représente un acte autant irresponsable qu'illégal. Ils oublient qu'en démocratie le droit de réunion publique et de manifester pacifiquement existe aussi pour ceux qui ne pensent pas comme eux. C'est pourquoi des plainte pénales ont été déposées par la NPD à l'encontre de NaziFrei et de plusieurs parlementaires saxons qui appellent au blocage de la Trauermarsch.

Trauermarsch in Dresden

Date : dimanche 13 février 2011

Lieu de rencontre : Bahnhof Dresden-Neustadt, Schlessischer Platz 1, D-01097 Dresden, dès 10h30 Départ du cortège : ca 15h00.

Audrey M.

31.12.2010

Patrice Mugny, le censeur persiste et signe

dieudonne.jpgAprès le Tribunal administratif du Canton de Genève, c'est au tour du Tribunal fédéral de condamner l'Exécutif de la Ville de Genève pour avoir violé la liberté d'expression en refusant en décembre 2009 de louer à l'humoriste français Dieudonné la salle de l'Alhambra pour son spectacle Sandrine programmé pour les 26 et 27 mars 2010.

Pour les juges de Mon Repos, le refus de la Ville de Genève a constitué «une sorte de censure préalable». En effet, ce refus aurait été admissible si le spectacle Sandrine enfreignait de façon manifeste des dispositions pénales en incitant à la discrimination raciale ou en portant atteinte à la liberté de croyance ou des cultes. Or, rien ne le laissait supposer. Le TF a également rappelé, dans son arrêt publié ce vendredi, que la restriction à la liberté d’expression n’était justifiée en l'espèce par aucun intérêt public et que le risque de troubles à l’ordre public, évoqué par la  Municipalité à l'époque, n’était pas davantage fondé. Enfin, la haute juridiction a estimé que même si Dieudonné a eu, par le passé, des attitudes provocatrices et tenu des propos choquants, notamment à l'égard des Juifs et d'Israël, cela ne permet pas d'interdire qu'il se produise en public. Autrement dit, l'Exécutif de la Ville de Genève a outrepassé ses prérogatives et a oublié que la Suisse est un état de droit dont l'un des principes cardinaux est la séparation des pouvoirs.

Cela dit, combien cet exercice liberticide, qui a fini devant la justice, a-t-il coûté aux contribuables non seulement en frais de procédures et d'avocats, mais aussi en rémunération de fonctionnaires du Service juridique et de la Direction générale de l'Administration municipale sans oublier, bien entendu, les salaires des juges et des greffiers du Tribunal administratif du Canton de Genève et du Tribunal fédéral ? J'aimerais bien le savoir...

En tout cas, Patrice Mugny, en charge du Département de la culture à la Ville de Genève, revendique haut et fort que la censure à l'égard de Dieudonné a été une décision politique juste et légitime. L'élu écologiste répète qu'il n'a pas voulu cautionner les représentations d'un antisémite notoire, plusieurs fois sanctionné par la justice française, même si ledit spectacle traitait de violence conjugale. Bref, l'édile ne regrette rien et fait fi du jugement du TF. Il n'hésiterait pas, d'ailleurs, à interdire une nouvelle fois tout show du comique sur le territoire genevois, quitte à violer à nouveau les fondements de notre Etat de droit et les règles constitutionnelles qui régissent notre pays.

Plus inattendu, le magistrat annonce aujourd'hui vouloir faire recours contre la décision du TF devant la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg (F), ce bien entendu avec l'accord préalable de ses collègues du Conseil administratif. Selon un juriste, interrogé sur l'affaire concernée, la cause serait perdue d'avance !

Dans cette éventualité, est-ce que Patrice Mugny serait prêt de payer de sa poche la totalité des dépenses, y compris l'amende et les possibles indemnités, engendrées par ce dossier depuis 2009 ? Je pose la question, car c'est trop facile de faire sa "croisade personnelle" avec l'argent des autres...

N'oublions pas que Patrice Mugny est coutumier de la censure ! On se souvient que le gouvernant avait déjà tenté en 2004 d'empêcher Dieudonné de se produire à Genève au Casino-Théatre avant d'y renoncer sous la pression de Pro Libertate, ce au grand dam de la Licra, dont il était alors le président, et de la Cicad. Sans parler que le magistrat a contribuer à faire bloquer sur les PC professionnels et publics de la Municipalité, ainsi que sur le réseau Wi-Fi genevois gratuit, l'accès à plusieurs sites Internet comme, par exemple, celui du PNOS ou d'AlterMedia.

Au contraire de Dieudonné, le notable ne nous fait pas rire. Ce politicien s'inscrit le plus souvent dans une démarche de répression, d'exclusion et de refus de débat, ce qui n'est jamais le cas de l'artiste.

Longue vie au nègre* Dieudonné, victime du lobby juif !

Audrey M.

* injure raciste autorisée en Suisse depuis que le journaliste juif Pascal Bernheim s'est permis de dire à propos de Dieudonné "Bah c'est un nègre !" en plein débat télévisé dans l'émission Tard pour Bar (27.11.08) sur la TSR, ce sans être sanctionné par la justice helvétique; la plainte pénale déposée par Dieudonné à l'encontre dudit journaliste ayant été classée par le Procureur genevois Daniel Zappelli.

09.12.2010

Encore un blog TdG bloqué

L'isègoria, c'était le droit à la parole pour tous, sur l'agora, dans la république athénienne. Deux mille cinq cents ans plus tard, les blogs permettent cette libre parole. Enfin, presque...

Depuis hier, le blog Tout et Rien hébergé par la Tribune de Genève (TdG) n'est plus accessible aux internautes. Nous soupçonnons que ce blog collectif et sa propriétaire, qui ne font l'objet d'aucune enquête policière à notre connaissance, seraient censurés par les modérateurs de la TdG. Pour quelle(s) raison(s) ? Est-ce parce que la responsable, d'origine israélite, s'obstine à protéger ses sources et l'anonymat des auteurs, ce malgré les demandes réitérées de Mr Jean-François Mabut pour le savoir ?

Selon nos sources, les modérateurs ont commencé à restreindre l'accès à ce blog depuis plusieurs semaines déjà en le filtrant et en ne le citant ni dans la catégorie "Nos invités" ni dans la revue de presse des blogs et encore moins dans la sélection quotidienne publiée dans la rubrique "Le blog des blogs" de la Tribune de Genève.

Visiblement, le blog Tout et Rien dérange, et depuis quelques temps tout est fait pour le réduire au silence. Les contributions, qui y sont affichées, sont pourtant de piètre qualité tant sur le plan du contenu que de la forme. Ce qui fâche ? Quelques révélations qui n'ont pas dû plaire... C'est que les divers rédacteurs ont critiqué vertement des personnes et des organisations qui ont peut-être fait pression sur la TdG pour que ce blog soit suspendu ou, pire, fermé définitivement.

En effet, certains billets postés mettent en cause notamment Israël, le lobby juif, les musulmans, la Cicad, Pierre Maudet, la Ville de Genève, le mouvement Antifa ou encore l'extrême droite. Deux articles font même référence à une vidéo compromettante en dépôt chez un cabinet d'avocats de la place et d'un document du Parquet genevois en lien sur Wikileaks. Une autre communication mentionne l'existence d'un enregistrement sonore effectué illégalement lors de la réunion d'une Commission extraordinaire du C.A. de la Ville de Genève en novembre 2003 concernant une affaire de pédophilie.

Même si nous ne partageons en rien les idées et les valeurs défendues par les animateurs de Tout et Rien, nous ne pouvons tolérer cette censure du point de vue de la liberté d'expression et du droit à l'information. Question de principe ! Bien sûr, la TdG est libre de faire ce qu'elle veut sur son site Internet...

Aux dernières nouvelles, nous apprenons que tous les articles et commentaires dudit blog, édités jusqu'alors via la TdG, ont été sauvegardés sur les serveurs d'un hébergeur web cubain pour y être diffusés. Ces contenus sont désormais aussi disponibles sur internet en téléchargement via plusieurs réseaux P2P de partage de fichiers ainsi que sur d'autres sites web.

Cela dit, il serait bon à l'avenir que les modérateurs de la TdG ou, mieux, les juristes d'Edipress nous informent chaque fois que l'accès à un blog TdG est volontairement bloqué en nous disant, si possible, pourquoi et à la requête de qui ou de quelle instance.

Tout et Rien, Requiescat in pace

Audrey M.

PS du 11.12.10: l'accès au blog est rétabli. Certains billets ont, toutefois, été supprimés.

16.10.2010

Conférence d'Henri de Fersan à Genève

La prochaine conférence organisée par le Cercle Proudhon aura lieu à Genève le 21 octobre prochain (19h30). Ce groupe de réflexion, fondé par le Genevois Pascal Junod en 1984, est proche du courant de pensée de la Nouvelle Droite (GRECE).

L'orateur invité sera Henri de Fersan, de son vrai nom Christophe Picard, qui s'exprimera sur la question de savoir s'il y a eu crime contre l'humanité à l'encontre du peuple allemand lors de la 2ème Guerre mondiale, ce en se basant non seulement sur la définition du crime contre l'Humanité et celle de crime de guerre mais aussi sur des preuves tangibles de préméditation selon lesquelles les Alliés auraient planifié un projet d'extermination de la population allemande.

Rappelons qu'Henri de Fersan (41 ans), journaliste et écrivain français plutôt controversé, est l'auteur de plusieurs livres, notamment Le racisme antifrançais (1997), L'Église catholique et le nazisme (1999) ou encore L'imposture antiraciste (2001). Il a aussi publié de nombreux articles dans des journaux tels que Dualpha et National-Hebdo. L'homme a fondé, par ailleurs, sa propre maison d'édition, soit les Publications HdF, ainsi que les revues Les lettres Fersannes et Le Libre Arverne. Il donne régulièrement des conférences de géopolitique tant en France qu'à l'étranger. Son engagement politique l'a amené à adhérer au Front National en 1991, puis au MNR en 1998 avant de rejoindre le Parti français chrétien dont il est le président depuis 2004. Enfin, ce militant identitaire est également membre de l'Agrif et de la Fraternité Saint-Pie X. Spécialiste de la période 1939-45, l'historien autodidacte travaille actuellement sur une chronologie objective du Second Conflit mondial.

La conférence sera suivie d'un débat contradictoire sur le thème abordé, cela autour d'un repas. Nul doute que la discussion sera animée...

Pour y participer, prière de vous inscrire à l'adresse suivante :

Cercle Proudhon / CP 3763 CH-1211 Genève 3

30.07.2010

Fête nationale suisse 2010

Depuis que les autorités ont exclu les nationalistes de la Fête du 1er août sur la Prairie du Grütli, l'extrême-droite suisse commémore cet anniversaire patriotique, qui marque la naissance de notre pays, à son heure et à sa manière.

En 2010, les ultras célèbreront l'événement le dimanche après-midi 8 août en se rendant, comme à l'accoutumée, sur la plaine mythique sise au bord du Lac des Quatre-Cantons dans la commune uranaise de Seelisberg. La cérémonie est organisée conjointement par le PNOS et la Waldstätterbund, ce avec l'accord du propriétaire des lieux, soit la Confédération, et la SSUP qui gère le site historique depuis 1860. Plus de 500 personnes en provenance de tout le pays sont attendus à cette occasion. Quelques membres de la Société suisse des officiers et de l'Association suisse des sous-officiers y seront également présents.

Le point de ralliement se fera à 13h00 devant la Chapelle confédérale (Bundeskapelle) du village de  Brunnen. Les militants formeront alors un cortège haut en couleurs avec divers drapeaux helvétiques et autres bannières. Certains activistes arboreront le traditionnel t-shirt frappé du texte Combat 18, tandis que d'autres afficheront fièrement différents emblèmes nationalistes ou identitaires, tels que la croix celtique et le triskèle, sur leurs vêtements. Quelques-uns seront même en costume traditionnel de leur région. Ils seront accompagnés en musique par des secoueurs de cloches ainsi qu'un joueur de cors des Alpes.

Le défilé partira à 13h11 de ladite localité en bateau pour descendre un peu plus tard au débarcadère du Grütli, puis la colonne continuera à pied pour arriver vers 14h00 sur la Prairie du Grütli. Les extrémistes vociféreront probablement quelques slogans frondeurs tout au long du parcours emprunté. Sur place, plusieurs orateurs s'exprimeront à la tribune. Denise Friederich, vice-présidente du PNOS, ouvrira les festivités par quelques mots de bienvenue. Mais on attend surtout avec intérêt le discours de Dani Herger pour la Waldstätterbund, et, bien entendu, ceux de Philippe Brennenstuhl et Bernhard Schaub dont le franc-parler et les vérités irritent plus d'un dans notre Helvétie, en particulier les lobbies juifs et l'establishment politique. Après un intermède musical, une lecture du Pacte fédéral d'alliance perpétuelle de 1291 entre les communautés d'Uri, Schwytz et Nidwald sera effectuée en trois langues, cela devant un feu de joie symbolique. Elle sera suivie d'une minute de silence à la mémoire de nos ancêtres qui ont sacrifié leur vie pour la liberté de notre pays. Un autre moment fort de la cérémonie sera celui où l'assemblée entonnera l'ancien hymne suisse Rufst du mein Vaterland, tout en faisant le salut de Kühnen. Les nationalistes achèveront leur journée patriotique, si la météo le permet, sur l'aire de pique-nique près du Rütlihaus autour d'un repas communautaire (grillades, raclette, tartes aux fruits, etc) dans une ambiance amicale.

La manifestation, qui se veut pacifique, devrait se passer sans aucun heurt à condition que les Antifas et les jeunes socialistes ne viennent pas la perturber par des provocations, voire des actes violents. Le service d'ordre du PNOS veillera au bon déroulement de la fête en assurant la sécurité des participants et du sanctuaire national. Rappelons, enfin, que tout citoyen de même que les touristes de passage sont cordialement invités à se joindre à ce pèlerinage.

Quant à Genève, des rumeurs circulent annonçant que les jeunes identitaires et la Faction Georges Oltramare pourraient venir en force aux Parc des Bastions le 1er août prochain, ce pour chahuter Mme Sandrine Salerno, maire de la Ville de Genève, lors de son allocution, notamment pendant qu'elle évoquera la problématique des sans-papiers en Suisse et leur régularisation collective. Face à cette éventualité, le dispositif policier sera renforcé en conséquence.

Unus pro omnibus, omnes pro uno !

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04.07.2010

Les nationalistes à Sempach

Hier après-midi, quelque deux-cents militants de l’extrême-droite helvétique, dont maints membres du PNOS, se sont réunis près de Lucerne (CH) pour commémorer le 624e anniversaire de la Bataille de Sempach (9 juillet 1386), ce alors que cet événement annuel est traditionnellement fêté le dernier samedi du mois de juin. Quelques sociétaires de l'Association suisse des sous-officiers étaient aussi présents.

A l’occasion de ce pèlerinage patriotique, le groupe a défilé avec des drapeaux jusqu'à l'ancien champ de bataille en faisant une halte à la Chapelle St-Jakob. Plusieurs intervenants ont pris la parole. Le discours de Mr Adrian Segessenmann a été fort applaudi par les participants, tout spécialement sa diatribe contre l'UBS. Puis, une couronne de fleurs a été déposée devant le mémorial et un libera récité. L’assemblée a ensuite observé une minute de silence en hommage à Arnold von Winkelried, mort en héros lors de cette bataille victorieuse des Confédérés sur les troupes du Duc Leopold III d'Autriche, avant d'entonner l’ancien hymne national suisse. Nombre d'activistes n'ont pas hésité à clore le chant en faisant le salut de Kühnen tout en criant «Es lebe die Eidgenossenschaft und es lebe Arnold von Winkelried, in uns allen. Harus !».

Rappelons que ledit monument du souvenir a été récemment vandalisé par des inconnus appartenant probablement à la mouvance politique Antifa. En effet, des inscriptions, telles que «No Nazis», y avaient été tracées avec de la peinture en spray durant la nuit du 25 au 26 juin 2010, cela au nom de la lutte contre le racisme et l'intolérance. Les autorités de Sempach les ont rapidement faites effacer. Bien entendu, une enquête policière a été ouverte pour retrouver les coupables de ce méfait.

La population locale, quant à elle, est scandalisée par les déprédations qui ont été pratiquées sur la Winkelriedstein. Un conseiller municipal de Sempach a même exprimé en public son indignation, en déclarant notamment «Cet acte criminel constitue un véritable outrage à nos ancêtres qui se sont sacrifiés. Il est temps en Suisse de mettre au pas la racaille rouge et anarchiste qui bafoue chaque jour notre pays, son peuple, son armée et ses symboles» [trad. de la rédaction]. Bref, l'exaspération est à son comble !

Il est vrai que les années précédentes, les cérémonies ont été perturbées par des gauchistes, provocateurs et résolument violents, voulant empêcher à tout prix les nationalistes d'y participer. Ainsi, un important service d'ordre avait dû être mobilisé en 2009 pour sécuriser le cortège traditionnel et le site historique en raison de la contre-manifestation organisée par les jeunes socialistes et Antifa. L'opération sécuritaire avait coûté plus de 300.000 de francs au Canton de Lucerne.

C'est pourquoi cet an, les autorités de Sempach ont simplement invité le public à assister à un service oecuménique le samedi 26 juin dernier pour marquer l'événement. Celui-ci a été suivi le lundi 28 juin d'un office religieux en l'Eglise St-Stefan. Le pèlerinage officiel sur le champ de bataille a été, en revanche, annulé afin d'éviter tout nouvel affrontement entre les extrémistes de droite et les partisans antifascistes.

Pour 2011, le Canton de Lucerne réfléchit à une nouvelle formule pour ladite commémoration. Il est déjà convenu que les nationalistes ne seront pas exclus des festivités. Seuls les fauteurs de troubles le seront.

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22.04.2010

Borderlines, ou l'art du multiple dans tous ses états

Le Musée d'Art et d'Histoire de la Ville de Genève (MAH) fête cette année son centenaire. A l'occasion de cet anniversaire, plusieurs manifestations et festivités sont prévues à son calendrier, en plus de la rétrospective consacrée à la vénérable institution.

L'une d'entre-elles est le nouvel accrochage temporaire présenté du 22 avril au 1er août 2010 par le Cabinet d'arts graphiques du MAH dont la collection, qui compte quelque 350.000 pièces couvrant plus de cinq siècles d'histoire de la gravure, est l'une des plus riches non seulement sur le plan national mais aussi du monde francophone. Le lieu a été, par ailleurs, complètement rénové et sécurisé.

L'exhibition, commissionnée par Christian Rümelin, nous propose sous le titre Borderlines un regard subjectif sur l'estampe, le multiple et le dessin contemporains à travers les travaux de divers artistes, tant helvétiques qu'étrangers. Quatre thèmes ont été privilégiés autour des différents aspects de la vie moderne qui reflètent en quelque sorte les préoccupations de notre époque : tempus fugit, absence/présence, genius loci, transmédialité.

Quelque quarante pièces ou de groupes, créées entre 1997 et 2009, allant de la xylographie à la sérigraphie en passant par la photographie, l'imprimé numérique ou le livre d'artiste, en tirage limité ou illimité, sont ainsi présentées au public. Mais, plus étonnant, le visiteur y découvrira aussi des sculptures et autres objets originaux, dupliqués ou non. Les oeuvres sélectionnées sont issues du millier d'acquisitions en art contemporain effectuées par le CDAG durant la dernière décennie.

Le résultat affiché, parfois déroutant, nous révèle à la fois le dynamisme et la richesse de la création actuelle dans ce domaine. Force est de constater que le médium est résolument évolutif, surtout depuis les années 1960, en s'associant à d'autres pratiques artistiques et modes de production tout en usant des supports et des matériaux les plus variés, ce dans une hybridité féconde, souvent inattendue. On est donc loin de la traditionnelle gravure sur papier... Il est regrettable, cependant, que le potentiel créatif des nouvelles technologies ne soit pas évoqué à travers le multiple virtuel du cyber-art.

Citons, parmi les oeuvres montrées, celles de Pipilotti Rist, Olivier Moset, John Armelder, Gianni Motti ou encore de Markus Raetz. Le cabas Migros dessiné par le collectif Klat en 2000, qui a été édité à des milliers d'unités, constitue, quant à lui, un exemple significatif de l'art du multiple populaire et bon marché. Le spectateur restera, en revanche, dubitatif devant A portable apocalypse ballet (2008) de Mai-Thu Perret et Ligia Dias, soit une statuette de femme-enfant jouant avec un cerceau en néon lumineux, et Rock (2005), un bloc de marbre de Carrare peint par l'artiste Katharina Grosse, sans parler de Retrospective (2008) de Pawel Althamer qui met en scène douze figurines en étain disposées près ou à l'intérieur d'une petite valise en carton bleu ouverte. Ces pièces ont-elles vraiment leur place ici, dans ce temple de la gravure ? Celles-ci nous interrogent, en tous cas, sur les frontières pas toujours évidentes de la notion de multiple.

Parallèlement à ladite exposition, plusieurs entretiens et conférences sont prévus, ce les mercredis 19 mai, 3, 9 et 23 juin 2010, en compagnie des artistes Fabrice Gygi et Matthias Mansen qui dialogueront avec le public à propos de leur travail respectif.

Cet événement peut être complété par la visite de l'exposition Voici un dessin suisse (1990-2010) présentée au Musée Rath à Genève du 31 mars au 15 août 2010.

Notons, enfin, que le vernissage s'est déroulé hier soir en présence de Patrice Mugny, magistrat en charge de la culture à la Ville de Genève, et Franco Maiullari, président de Pro Libertate.

Houen-Touen (2002) de P. Deléglise,© DR / MAH

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Cabinet des arts graphiques - MAH
Promenade du Pin 5
CH-1204 Genève
Tél. +41(0)22 418 2770

Du mardi au dimanche, de 10h. à 17h.

© Franco Maiullari, 22 avril 2010. Toute reproduction ou diffusion, même partielle, du présent texte n'est autorisée qu'avec l'accord écrit préalable de l'auteur.

24.02.2010

Pierre Keller s'expose en rétrospective à l'ELAC

Showroom unique

Après dix ans d'existence, l'ELAC (Espace lausannois d'art contemporain) a quitté en octobre 2007 le quartier du Flon à Lausanne (CH) pour s'installer à Renens (CH) dans le nouveau bâtiment de l'ECAL (Ecole cantonale d'art de Lausanne). Cette galerie sans but lucratif, avec ses 550 m2 de surface, est aujourd'hui l'une des plus grandes d'Europe rattachée à une école spécialisée de niveau académique. Ledit lieu constitue ainsi la vitrine privilégiée de l'art et du design de notre époque dans le Canton de Vaud, et plus largement en Suisse. L'ELAC présente en ses murs autant des travaux de jeunes créateurs, dont la plupart sont étudiants ou diplômés de l'ECAL, que ceux de designers et plasticiens confirmés, tant suisses qu'étrangers, comme John Armelder, Sylvie Fleury ou encore les frères Ronan et Erwan Bouroullec.

Nouvelle exposition

images?q=tbn:ANd9GcRDwK7CtvCf4ySEd8ZrbCizETORtnE5MeUh5UjRk8cDPsjbx2YLa dernière exposition en date, ouverte du 25 février au 23 avril 2010, accueille des oeuvres de Pierre Keller qui nous révèlent que l'actuel directeur de l'ECAL est aussi un artiste à part entière, souvent méconnu du grand public. Attention ! La manifestation, un tantinet scabreuse, est interdite au moins de 16 ans afin d'éviter toute plainte.

L'accrochage consiste en une rétrospective d'ouvrages réalisés entre 1965 et 2010, avec un accent particulier sur ceux datant des crazy 70’s à New York (USA). On y découvre des affiches, des sérigraphies, quelques peintures et sculptures, des cartons d'invitation, des encarts publicitaires et plusieurs catalogues d'exposition ainsi que des centaines de photos dont certaines à caractère érotique, voire pornographique, tandis qu'une vidéo (1994) retrace son parcours artistique à la fois pléthorique et atypique.

Le spectateur s'attardera à coup sûr devant la collection de polaroïds au format 1/1 ou agrandis, soit 261 pièces sur les quelque 4000 existantes, qui est une sorte de journal intime de ses rencontres (Andy Warhol, Keith Haring, Robert Mapplethorpe, etc) et de ses coups de foudre durant les années 1975 à 1992. Plus globalement, ces instantanés témoignent de l'effervescence de l'art contemporain et des moeurs de l'époque tout en rendant visible ses préoccupations esthétiques du moment, spécialement évidentes dans ses clichés d’éphèbes dénudés et lascifs que cet homosexuel déclaré aime souvent photographier.

Pour autant, l'humour n'est pas absent de l'exhibition avec le célèbre Kilo-Art (1971), étalon artistique certifié en 1972 par le Bureau fédéral 3788.jpgdes poids et mesures, de * même que la poésie avec la série de porcelaines baptisées Il Paciere* (1973), en référence au livre éponyme de l'écrivain Gabriele d'Annunzio (1863-1938). On revoit également avec plaisir quelques-uns de ses placards, à l'épure minimaliste, salués par de nombreux prix entre 1963 et 1971. En revanche, et c'est dommage, nulle présence des fameux clichés sur les croupes chevalines qu'il a montrés sous le titre Horses (1988) en 1991 au Musée de l'Elysée à Lausanne et, plus récemment, à la Maison européenne de la photographie à Paris (F). Aucun dessin non plus, moyen d'expression où pourtant il excelle.

Pierre Keller nous avoue, en interview et tout sourire, qu'il a dû s'autocensurer en bannissant de son exposition certaines images de pénis en érection. Et d'ajouter qu'il a toujours cherché à se faire plaisir, plutôt qu'à provoquer, sans jamais travailler pour la postérité. Sa rétrospective risque, néanmoins, d'en choquer plus d'un, à l'instar de ce poster où l'on voit un jeune noir, entièrement nu, assis en califourchon sur une cuvette de WC, les fesses écartées, nous offrant sans pudeur son anus. S'agit-il d'art ou seulement d'exhibitionnisme ? Peut-être les deux...

Au sortir de l'exposition, le visiteur reste sur sa faim et a la désagréable impression que l'oeuvre de Pierre Keller est interrompue, comme suspendue dans le temps, ce depuis qu'il a décidé de s'affairer à la chefferie de l'ECAL, mission où il s'est pleinement investi avec le succès que l'on sait. Les deux photographies, au format géant, intitulées Arrested (2008) et Palm Springs (2010), seules pièces récentes, ne changent rien à l'affaire. Face à ce constat, le trublion directeur rétorque, comme pour s'excuser : "Je n’ai jamais arrêté d’avoir des idées, mais j’ai arrêté de passer à l’exécution de travaux en 1991 déjà. Parce que j’avais trop de travail, surtout avec l'ECAL". Dès lors, on comprend mieux pourquoi Pierre Keller s'interroge en nous disant  "Ai-je loupé ma carrière d’artiste ?" et nous demande implicitement si ça vaut la peine d’en reprendre le fil.

Signalons, enfin, qu'un cahier A3, comportant huit pages d'illustrations quasi sans texte, a été publié pour l'occasion. Le document contient une série de photos-souvenirs, parmi lesquelles un portrait de sa mère.

L'accrochage, qui est donc un brin licencieux, attirera probablement plus d'un curieux du fait de la limite d'âge imposée. En tout cas, la foule se pressait déjà le jour du vernissage. Quelques gays, membres du Mouvement raëlien, étaient même présents à l'événement.

Bio express

Né le 9 janvier 1945 à Gilly en Vaud (CH), Pierre Keller obtient en 1965 son diplôme de graphiste à l'Ecole cantonale des beaux-arts et d'arts appliqués de Lausanne. Ce Zurichois d'origine entreprend alors une carrière partagée entre la création artistique, l'enseignement et l'édition tout en voyageant beaucoup, en particulier aux Etats-Unis.

Ses oeuvres, qui connaissent un succès d'estime, sont exposées dans plusieurs galeries et musées. Il représente aussi son pays à maintes manifestations dont la Biennale de l'affiche de Varsovie (PL) et la Biennale d'art contemporain de Venise (I). En Suisse, celui-ci assume diverses responsabilités, tant au niveau cantonal que fédéral, dans la sphère culturelle. L'homme est, entre autres, de 1988 à 1991 le délégué du Gouvernement vaudois pour l'organisation du 700e anniversaire de la Confédération helvétique. Faute de temps, l'artiste délaisse alors quelque peu la création.

A 50 ans, sa vie prend un tournant décisif. En effet, Pierre Keller s'empare des rênes de l'ECAL courant 1995. Très vite, le nouveau directeur va propulser l'institution HES, grâce à son sens inné de la communication et la qualité des cursus scolaires dispensés, parmi les cinq meilleures écoles d'art en Europe. Sous son impulsion, l’ECAL déménage en 2007 à Renens dans un bâtiment réhabilité par l’architecte Bernard Tschumi. L'ECAL forme aujourd'hui des spécialistes jusqu'au niveau master, voire postgrade, dans diverses disciplines telles que, par exemple, le design industriel ou le cinéma. Ouvert au monde, l'établissement accueille des étudiants de toute nationalité, notamment dans le cadre du programme d'échange Erasmus. L’école conduit également de nombreux projets avec des entreprises de renom (Nestlé, B&B Italia, Vitra, etc) ainsi que des workshops avec des artistes réputés afin d’offrir des expériences concrètes à ses apprenants. Ses étudiants exposent, d'autre part, dans de nombreux salons professionnels et foires d'art. Inutile de dire que les titres délivrés par l'ECAL jouissent d'une forte reconnaissance.

Récompensé par ses pairs dans le domaine du graphisme et pour avoir défendu à l'international les créateurs suisses, cet officier des arts et des lettres de la République française a été en 2007 nommé Docteur Honoris Causa de l'European University de Barcelone (E) et distingué par le Merit Design Preis Schweiz. Il a reçu, par ailleurs, en 2009 le Prix de Lausanne pour avoir largement contribué au rayonnement de cette ville dans le monde. Enfin, nombre d'articles de presse et d'ouvrages lui sont dédiés.

Sur le départ

Pierre Keller, qui a fêté en début d'année ses 65 ans, prendra sa retraite réglementaire et quittera la direction de l'ECAL en décembre prochain, ce avec grand regret, en y laissant indéniablement une empreinte vivace.

Le personnage ne restera pas inactif pour autant puisqu'il  s'occupe désormais de la promotion, de la communication et de la recherche de fonds au sein du Comité de pilotage pour la construction du futur Musée cantonal des beaux-arts de l'Etat de Vaud. Ce passionné de musique continuera aussi de siéger au Conseil de fondation du Montreux Jazz-Festival (CH). Il restera, en outre, professeur titulaire à l'EPFL (CH). Pour lui, les projets ne manquent pas..., comme peut-être fonder sa propre école d'art, ailleurs qu’à Lausanne bien entendu, ou se présenter aux élections fédérales de 2011 sous la bannière du PLR vaudois. Sans parler que le ponte prépare son autobiographie.

Ce qui est sûr, c'est que Pierre Keller, qui n'a jamais cessé d'être un créatif et un communicateur dans l'âme, pourra bientôt se vouer davantage à sa carrière d'artiste qu'il a quelque peu délaissée, par choix, pendant ses quinze ans à la tête de l'ECAL. A lui de nous prouver qu'il reste un plasticien de talent qui peut nous étonner encore.

ELAC (Espace lausannois d'art contemporain) / Avenue du Temple 5, CH-1020 Renens

Du mercredi au vendredi, de 13h à 17h30

© Franco Maiullari, 24 février 2010. Toute reproduction ou diffusion, même partielle, du présent texte n'est autorisée qu'avec l'accord écrit préalable de l'auteur.

19.01.2010

Pro libertate au secours d'Haïti

Une aide d'urgence

Après le séisme meurtrier qui a frappé mardi dernier Haïti, l’association Pro Libertate s’est mobilisée et a collecté en quelques jours auprès de son réseau, rien qu’en Suisse, plus de cinq millions de francs en faveur des sinistrés. Cette organisation internationale, créée à Genève (CH) en 2003, lutte non seulement pour les droits humains, mais est aussi habituée à agir en urgence, tant sur le plan humanitaire que sécuritaire, dans n'importe quelle zone à risques ou conflictuelle du globe.

Deux sections de sa milice, soit une trentaine de volontaires, sont stationnées actuellement à Miami en Floride (USA). Ces unités se rendront la semaine prochaine en Haïti, ce probablement via Saint-Domingue, en emportant avec elles divers équipements (tentes, fours solaires, purificateurs d’eau, groupes électrogènes, etc.) ainsi que des vivres et des médicaments destinés en priorité aux survivants de Léogâne où, rappelons-le, une grande partie de la ville a été détruite par le tremblement de terre. Le premier chargement, qui sera acheminé sur place, représente près de quarante tonnes de marchandises sans compter le barda des miliciens. Une seconde cargaison sera livrée plus tard. Il va s'en dire que Pro Libertate bénéfice des accréditations et autorisations gouvernementales requises pour intervenir en toute légitimité sur sol haïtien.

Un coordinateur opérationnel, de concert avec les autorités locales, est du reste en train d'évaluer précisément les besoins sur place afin de planifier au mieux l'expédition et, par là, son action. L'équipe de secours, complètement autonome, restera quelque six mois sur les lieux, voire plus si les moyens pécuniaires le permettent. Un ingénieur structurel la rejoindra à la mi-février. En outre, les miliciens, dont certains sont des sapeurs-pompiers ou d’anciens membres de MSF et du Swiss Military Disaster Relief, pourraient aussi collaborer avec d’autres ONG déjà présentes sur le terrain, notamment au niveau logistique et pour l’édification d'infrastructures sanitaires et de stockage.

Jacob Strelson (USA), médecin de formation et vice-président de Pro Libertate n'a pas souhaité avant son départ nous informer davantage concernant ce voyage. Le responsable a indiqué, toutefois, que deux sauveteurs du détachement sont d’origine haïtienne, à savoir les sergents Jean Latour (F) et Michel Casimir (CAN). Leur présence devrait faciliter grandement les relations avec les résidants durant ledit séjour. L’officier a averti, par ailleurs, que son escouade ne tolèrera aucune ingérence dans ses activités de la part de la MINUSTAH et encore moins des forces américaines engagées en Haïti. Et de conclure : "le risque de voir une épidémie de choléra se propager en Haïti dans les semaines ou mois à venir est réel compte tenu de la gravité de la situation, spécialement des conditions d'hygiène insalubres."

Chantiers de reconstruction planifiés

Entre-temps, ladite association s’attend à recevoir encore des fonds et du matériel de la part de ses militants et, plus largement, de donateurs privés ou de collectivités pour sa mission caritative en Haïti. Certains mécènes, en particulier des entreprises, souhaitent s’impliquer plus personnellement en mettant à disposition leurs compétences, leur savoir-faire ainsi que leur personnel autant dans des chantiers de reconstruction immédiats que des projets de développement durable long terme. Ainsi, par exemple, une industrie spécialisée dans les énergies renouvelables se déclare prête à installer deux centrales solaires résidentielles dans le sud-est du pays. Une autre firme se propose d’aménager en campagne des réseaux d’irrigation dotés de pompes à eau. Une agence immobilière canadienne, quant à elle, offre de rebâtir l'école Florian Delerue, qui a été complètement anéantie, à Jacmel. Bref, les soutiens tout comme les ressources affluent en faveur du peuple haïtien pour l’aider à surmonter cette crise.

Une milice engagée à l'international

On se souvient que Pro Libertate était intervenu lors du conflit guerrier israélo-libanais de l’été 2006 en apportant une assistance humanitaire à la population civile durement touchée par les hostilités. D’aucuns, entre autres des journalistes, avait soupçonné à l’époque que ses miliciens auraient participé à certains combats aux côtés du Hezbollah contre Tsahal, principalement lors de la bataille de Marjayoun. Rumeur qui n'a jamais été démentie ni confirmée par les dirigeants de la société.

Pour ceux qui l'ignorent encore, la milice de Pro Libertate est un corps d’élite cosmopolite qui compte à ce jour quelque deux milles agents permanents, soit bénévoles soit salariés, à travers le monde. On les reconnaît à leur uniforme noir arborant, en sus des insignes de grade et de fonction, un écusson de manche blanc à triskell rouge avec l'inscription Security & Rescue Force. Tous, femmes et hommes, sont formés aux techniques de survie en milieu hostile et, pour la plupart, entraînés à la guérilla. Ces miliciens oeuvrent le plus souvent bardés de gilets pare-balles et armés afin d'assurer leur propre sécurité en toute circonstance. Enfin, leurs missions sont menées, ce autant que possible, avec l'aval des gouvernements et dans le respect des lois nationales et internationales.

En tout cas, il faut saluer l'initiative altruiste de Pro Libertate, association discrète qui n'apprécie guère toute publicité et couverture médiatique sur ses opérations en cours ou à venir.

17.09.2009

Police, and what else ?

Hier entre ca 14h45 et 15h10, j'ai constaté qu'un policier en uniforme et armé faisait ses achats privés à la Boutique Nespresso sise au n° 1 place des Florentins à Genève. Il s'est même permis de boire un café. Pourtant sa radio, accrochée à sa ceinture de charge, était allumée et émettait. Preuve que notre gendarme, dont je ne révélerai pas ici son matricule, était bien en service. D'ailleurs, dehors non loin du magasin en question, son collègue l'attendait patiemment dans une voiture de patrouille, mal parquée soit dit en passant, sur le Quai du Général-Guisan.

Après le départ dudit agent, certains clients présents ont manifesté verbalement leur étonnement ainsi que leur désapprobation de voir un fonctionnaire des forces de l'ordre faire son shopping pendant son boulot. Leur réaction est parfaitement légitime, ce étant donné le climat d'insécurité croissante qui règne à Genève dans certains quartiers.

Hélas, ce n'est pas la première fois que je vois dans des commerces, notamment à la Migros et la Coop, des policiers en tenue de fonction et armés faire leurs courses durant leurs horaires de mission.

Je pensais que cette pratique était bannie depuis longtemps à la police genevoise... surtout lorsqu'on sait que nos pandores se plaignent régulièrement d'une surcharge de travail et des heures supplémentaires à effectuer. Visiblement c'est plutôt le contraire puisque nos gendarmes trouvent le temps de faire leurs petites emplettes... à heures perdues, cela aux frais des contribuables.

Pour ma part, j'ai demandé à leur cheffe, Mme Monica Bonfanti, de réprimander celles et ceux, parmi ses troupes, qui s'arrogent pareil droit en toute impunité. Cela est d'autant plus scandaleux que nos policiers bénéficient de salaires corrects, de la retraite à 52 ans et de nombreux avantages sociaux.

Allez, maintenant je me coule un petit expresso Roma en compagnie de George Clooney...

Audrey M.

04.09.2009

Photos judiciaires d'Hannibal Kadhafi dans la TdG

Désolé de contredire, Mr Jean-Philippe Brandt, le porte-parole de la police genevoise, mais il est arrivé dans un passé proche que des membres des forces de l'ordre publient des photos d'arrestation de délinquants sur leurs pages Facebook, voire sur YouTube.

J'ai dû intervenir personnellement auprès de Mme Monica Bonfanti, leur cheffe, pour que cesse cette pratique en rien déontologique et encore moins légale. Hélas, force est de constater qu'il y a encore des brebis galeuses...

Je ne suis donc pas loin de penser aujourd'hui qu'un ou plusieurs officiers de la PJ ont violé le secret de fonction en divulguant les photos judiciaires de Mr Hannibal Kadhafi parues ce jour dans la Tribune de Genève. D'autant plus grave que ces portraits, pris peu après son interpellation musclée à Genève en juillet 2008, seront repris à n'en pas douter par d'autres médias.

Au Procureur général Daniel Zappelli de faire toute la lumière sur cette affaire afin que le(s) auteur(s) de cette fuite soi(en)t jugé(s) et sanctionné(s). Rappelons que le(s) mouchard(s) encoure(nt), au plus, une peine de trois ans de prison pour ce forfait ! Il faut espérer que le haut magistrat ne fasse pas traîner l'enquête pour retrouver le(s) coupable(s), car la responsabilité de l’Etat de Genève est en cause sur ce dossier. L'investigation sera difficile, notamment sur le plan technique et parce que le nombre de fonctionnaires ayant eu accès à ces images est relativement important, mais aussi à cause de l'esprit corporatiste des policiers qui se couvrent mutuellement lors de "pépins" professionnels.

Cela dit, notre Julie a pris le risque de jeter de l’huile sur le feu en diffusant lesdits clichés anthropomorphiques, surtout dans le contexte actuel. Pas sûr que les otages suisses, Max Göldi et Rachid Hamdani, retenus arbitrairement en Libye aient apprécié cette initiative journalistique... qui peut jouer en leur défaveur. En effet, il est probable que les autorités lybiennes exigent de nouvelles excuses de la Suisse et/ou prolongent, sous un quelconque prétexte, le séjour forcé de nos deux compatriotes à Tripoli pour cette humiliation supplémentaire. Le colonel Mouammar Kadhafi pourrait même décréter un embargo total sur tous les échanges économiques et commerciaux avec notre pays, sans parler d'autres mesures de rétorsion possibles telles qu'une interdiction d'entrée sur le territoire à nos ressortissants ou, plus loufoque, un éventuel appel au djihad lancé contre notre Confédération helvétique.

Il est certain que le rédacteur en chef du quotidien, Mr Pierre Ruetschi, ne fera pas son mea culpa et ne révèlera pas non plus l'origine de la source des données, ce bien entendu au nom de la liberté de la presse et du droit d'accès du public à l'information. Mr Hannibal Kadhafi, quant à lui, devrait assurément déposé plainte en justice contre la Tribune de Genève et le Canton de Genève d'ici la fin décembre 2009, notamment  pour réclamer le paiement d’indemnités en réparation du tort moral subi. Ira-t-il jusqu'à offrir une prime à toute personne qui dénoncerait le(s) fuitard(s) ?

M'est d'avis que la crise diplomatique entre la Lybie et la Suisse durera encore quelques mois avant que soient libérés Max Göldi et Rachid Hamdani ! Et ne comptons pas trop sur l'Union européenne ni sur le Tribunal arbitral, prévu dans l'accord signé par Hans-Rudolf Herz le 20 août dernier, pour nous aider à sortir de ce feuilleton ubuesque...

Ce qui est sûr d'ores et déjà, qu'on démasque ou non le(s) auteur(s) du délit en question, c'est que l'Etat de Genève devra dédommager financièrement Mr Hannibal Kadhafi pour atteinte à la sphère privée, ce évidemment aux frais des contribuables. Le montant réclamé pourrait s'élever à 100.000 SFr ! En tant que citoyens, nous ne pouvons que blâmer l'acte répréhensible du/des fonctionnaire(s) fautif(s) tout en désapprouvant la TdG pour avoir publié ces deux clichés qui, avouons-le, ne répondent à aucun intérêt général prépondérant.

19.08.2009

Des dealers tabassés à Genève !

Une milice civile de surveillance contre la criminalité, qui effectue régulièrement des rondes nocturnes dans le quartier de la Servette à Genève, s'est de nouveau distinguée. Ladite escouade n’a pas hésité samedi soir dernier à frapper trois dealers africains pour les chasser du parc public de la Résidence Schaub-Forêt où ceux-ci faisaient en toute impunité leur commerce illicite depuis plusieurs jours. Les toxicomanes présents ont été également expulsés sans ménagement. Une certaine quantité de drogues a été saisie, puis détruite par les intervenants. Les délinquants ont été délestés, par ailleurs, de leur argent, de leurs téléphones portables et d’un couteau à cran d’arrêt.

Bien entendu, les trafiquants, sans doute des requérants d’asile ou des clandestins, et leurs clients n'ont pas déposés plainte à la police contre leurs agresseurs. Les témoins de la scène ont applaudi. Les habitants dudit lotissement ont approuvé, quant à eux, sans réserve cette opération punitive tout en déplorant, néanmoins, que ni la maréchaussée ni leur régie n'aient agi en conséquence pour régler plus tôt ce problème. Leur parc a retrouvé aujourd’hui toute sa quiétude. Pour combien de temps ?

L'existence et les pratiques de cette milice privée d’autodéfense, qui a pour nom Geneva Security Guard, sont inacceptables dans une démocratie moderne. Les risques de dérapages, d’abus et d’accidents, que cela comporte, sont trop grands. Certes, le particulier peut assurer librement sa propre sécurité et celle de ses biens. De même que tout un chacun peut retenir l'auteur d'un délit, par la force si nécessaire (art. 121-122 CPP-GE), jusqu'à l'arrivée de la gendarmerie qui procédera à l'arrestation du criminel. Mais, au regard du droit, la loi proscrit au citoyen de se faire justice lui-même. Dans l’incident concerné, ces Rambos avec leur justice expéditive ont manifestement franchi la frontière de la légalité en commettant plusieurs infractions au Code pénal suisse, ce sans parler du non respect des droits constitutionnels de leurs "victimes".

Ras-le-bol populaire

Interrogé ce jour, le chef de cette milice, un ex-brigadier de Securitas qui souhaite pour l'heure rester anonyme, rétorque : «Les gens en ont marre de l'insécurité et des incivilités. Les Genevois veulent être mieux protégés ! Il est évident que notre police cantonale et les ASM, par manque d’effectifs et de moyens, ne peuvent pas être partout en l’état actuel. Nous entendons suppléer à ce déficit, du moins dans certains lieux publics, afin de prévenir agressions, vols, déprédations et trafics en tout genre […]. On n'hésite pas à contrôler l'identité de personnes suspectes, à calmer les perturbateurs et à dénoncer les sans-papiers. Il nous arrive à la demande de régies d’évacuer des SDF qui squattent les halls et caves d’immeubles. Nos vigiles effectuent, d’autre part, le gardiennage de plusieurs propriétés sur la rive gauche.» Prolixe, l’homme précise encore : «Notre milice, fondée en mars 2009, est une association apolitique, composée de volontaires dont un bon tiers sont d’anciens agents de sécurité ou des forces de l’ordre et des militaires de carrière à la retraite. Elle a pour devise : Unus pro omnibus, omnes pro uno, à l’instar de celle de la Suisse. [...] Nous oeuvrons toujours non armés, bien que plusieurs d’entre-nous possèdent un permis de port d’armes. De plus, nous sommes tous formés aux sports de combat à mains nues.» Et d’ajouter avec un air menaçant : «Vous savez les racailles ne nous font pas peur… C’est eux qui doivent nous craindre !» A la question de savoir si la GSG bénéficie d’une autorisation cantonale pour exercer ses rondes, notamment sur le domaine public, le responsable lâche un laconique «No comment.»

On apprend aussi que des sections de cette garde populaire seront créées prochainement dans d’autres quartiers sensibles de la Cité de Calvin tels que les Pâquis, les Eaux-Vives ou bien Plainpalais ainsi qu’aux Avanchets et au Lignon dans la commune de Vernier. Une permanence de la GSG, avec centrale d'alerte, et un portail Internet dédié seront également ouverts sous peu à l'intention des habitants. Ses services seront pour la plupart gratuits. Enfin, Les miliciens de la GSG arboreront dès janvier 2010 un uniforme, avec écusson et insignes de grade, dessiné par une styliste de l’HEAD de Genève. C'est après m'avoir donné ces dernières informations que l'officier met fin brusquement à l'interview et me quitte, entouré de ses sbires, en faisant le salut de Kühnen.

Milice sous enquête

De son côté, l’Etat genevois, en particulier le Département des institutions de Mr Laurent Moutinot, n'apprécie guère la multiplication de ces patrouilles citoyennes, au contraire de la population qui, ne se sentant plus assez protégée par sa police face à l’insécurité croissante, plébiscite ces sentinelles, ce quand bien même leurs méthodes musclées s’avèreraient discutables pour ne pas dire hors-la-loi.

Cette formation paramilitaire, qui compte déjà une trentaine de membres, fera probablement l’objet d’une enquête judiciaire de la part du Procureur Daniel Zappelli, ce non seulement pour ses agissements violents. En effet, la GSG serait assimilée à une entreprise de sécurité et soumise aux dispositions du concordat intercantonal en la matière (CES 18.10.86 + Directives), puisqu'elle est parfois mandatée par des tiers pour exécuter avec ses agents, contre paiement, des prestations sécuritaires tant sur la voie publique que dans des espaces privés. Le fisc pourrait s'intéresser, quant à lui, aux finances de l'organisation. Au final, la GSG risque des sanctions, voire d'être interdite d'action et dissoute !

Rappelons qu’à l’étranger, dans certains pays comme les Etats-Unis ou l’Italie, les milices civiles sont tolérées. Leur présence sur le terrain joue indéniablement un rôle dissuasif à l'encontre des délinquants tout en soulageant les forces de l'ordre dans leur travail. Mieux, elles assument des missions de solidarité, de médiation sociale et d'éducation à la loi non négligeables.

En Suisse, ces comités de vigilance ne sont en rien illicites. Si des citoyens souhaitent effectuer des rondes préventives à titre bénévole, sans être mandatés ni rémunérés par un tiers et bien évidemment sans arme, pour renforcer leur propre sécurité et améliorer la sûreté de leur environnement, ceux-ci ne sont pas assujettis aux dispositions du concordat précité et n'ont donc pas d'autorisation officielle à obtenir. Ils doivent, en revanche, respecter les limites de la légitime défense et de l'état de nécessité et ne disposent d'aucune prérogative particulière, sous réserve du droit de toute personne d'appréhender, en cas de flagrant délit uniquement, les auteurs ou complices présumés d'une infraction. Ces patrouilles ne doivent, en outre, pas empiéter sur les fonctions des autorités et organes de police. Bref, ces miliciens ne détiennent pas plus de pouvoir qu'un citoyen lambda.

Affaire à suivre...

© Franco Maiullari, 19 août 2009. Toute reproduction ou diffusion, même partielle, du présent texte n'est autorisée qu'avec l'accord écrit préalable de l'auteur.

06.01.2009

Hommage posthume à Jörg Haider !

On se souvient que le chef du parti autrichien BZÖ et gouverneur de Carinthie, Jörg Haider, a perdu la vie le 11 octobre dernier dans un tragique accident de la route près de Klagenfurt (A).

Haider2.jpgPersonnage charismatique mais controversé, notamment pour ses propos sur le Troisième Reich ou ses discours xénophobes sur l'immigration, le tribun populiste était autant adulé que décrié tant dans son pays qu'en Europe. Rappelons l'épisode historique de l'an 2000 lorsque l'Autriche fut mise au ban des nations européennes pendant plusieurs mois après l'entrée du parti d'extrême-droite de Jörg Haider, le FPÖ, dans une coalition gouvernementale avec les conservateurs du ÖVP.

Toutefois, le mythe Jörg Haider est plus vivant que jamais et dépasse largement le cadre régional de la Carinthie. La révélation posthume de sa bisexualité n’a entamé en rien son crédit auprès de ses admirateurs, bien au contraire sa popularité s’est même accrue. Ainsi depuis son décès, les hommages se multiplient. Voici le dernier en date.

Pour honorer sa mémoire, une médaille commémorative sera éditée le 26 janvier 2009, jour de son 59ème anniversaire. Dessinée par l’artiste Werner Scheitl, cette pièce en argent fin (999/1000/35gr.) sera frappée, ce à seulement 1110 exemplaires, par le Musée de la monnaie de Hall (Museum der Münze Hall - Burg Hasegg) où elle sera, par ailleurs, exposée au public.

Sur le coté face, le souvenir affiche en relief l’effigie du leader politique et l’inscription «In Memoiren Dr. Jörg Haider 26.01.1950 – 11.10.2008» tandis que son revers comporte la carte stylisée et les armoiries de la Province de Carinthie ainsi que la mention «Landeshauptmann von Kärnten 1989-1991 und 1999-2008».

Ladite médaille est dûment enregistrée sous la référence MU821/2008 à l’Office autrichien de registre des droits de propriété industrielle (Österreichisches Patentamt). En outre, chaque spécimen sera numéroté, identifié par un poinçon de qualité, selon son poids et sa pureté, et délivré aux acheteurs avec un certificat d’authenticité contresigné par le designer. Les intéressés peuvent dès aujourd'hui l'acquérir en souscription au prix de 89,95 euros (hors taxes et frais d'expédition).

Notons, enfin, qu’une partie des bénéfices de la vente sera reversée à la Fondation Jörg Haider, dirigée par sa femme Claudia, qui œuvre dans le domaine caritatif.

Plus d’informations et commande : werner.scheitl1@chello.at

03.01.2009

Vandalisme au MAMCO ?

Situé à Genève dans un ancien bâtiment industriel, le MAMCO est à ce jour le plus jeune et le plus grand musée suisse dédié à l'art contemporain. Le MAMCO a ainsi organisé, depuis son ouverture en septembre 1994, près de 450 expositions monographiques ou collectives qui témoignent du dynamisme et de la diversité de la création artistique de notre époque tant sur le plan helvétique qu'international. Son directeur, Christian Bernard, a su développé au fil du temps un dispositif muséographique en perpétuel mouvement qui fait du MAMCO aujourd'hui non seulement une adresse incontournable de la Cité de Calvin mais aussi une référence mondiale dans son domaine. Ses fonds actuels sont riches de quelque 4'000 pièces dont près d'un tiers lui appartient. Enfin, l'institution culturelle accueille en moyenne 40'000 visiteurs par année.

Collections en danger

Comme tout musée, les collections du MAMCO ne sont pas à l'abris de vols ou de déprédations, ce malgré des mesures de sécurité drastiques. Preuves à l’appui…

On apprend que le falsificateur, connu sous le pseudonyme de Pixel*, est intervenu d’une façon clandestine, ce en trompant la vigilance des gardiens et les alarmes de jour, sur l’exposition Honk if you love silence de l’artiste américano-suisse Christian Marclay présentée récemment au MAMCO.

L’action, qui a été menée comme une opération commando, s’est déroulée le vendredi 22 août 2008 entre 16h30 et 16h33 au dernier étage de l'établissement. L'exercice a consisté à intervertir sur l'oeuvre White noise (1992-93), composée de centaines de clichés épinglés à l'envers sur l'entier d'une parois, vingt photographies et d’en dérober dix autres pour les substituer par huit images réalisées par Pixel et deux fac-similés d'un microgramme de l'écrivain suisse Robert Walser (1878-1956). Pour conclure, l’intervenant a daté et signé son passage par un tag distinctif. La scène a été entièrement filmée par un comparse pour être diffusée peu après sur le Web à l’intention de plusieurs milliers d’abonnés d’un groupe Facebook.

Les photographies ravies, quant à elles, n'ont pas été rendues contre une rançon, mais remises à leur place originelle, tout comme les déplacées, dans l’œuvre concernée à la fin de ladite exposition, soit au cours de la journée du 21 septembre 2008, cela sans que la surveillance des lieux s'en aperçoive.

Des précédents

Ce nouvel incident prouve que le service de sécurité du MAMCO n’est toujours pas à la hauteur de sa tâche. En effet, ce n’est pas la première fois qu’un tel événement a lieu dans l’institution, en dépit d'une surveillance serrée. Tout a commencé nous révèle Pixel, en juin 2006 avec l’accrochage d’un faux tableau d’Olivier Mosset, plus vrai que nature, sur un original dans la section des Stylites. Puis deux oeuvres de John Armelder, soit Furniture sculpture 6 (1980) et Lubaantun (2003), exposées du 18 octobre 2006 au 21 janvier 2007 dans le cadre de sa rétrospective Amor vacui - horror vacui, ont accueilli temporairement des stickers trompe-l’œil. Quelques mois après Eins un one... (1984) de l'artiste Robert Filliou, installation au sol constituée d'une enceinte circulaire jaune renfermant 16'000 dés en bois peints, s'est vu augmentée provisoirement de cinquante balles de ping-pong Smiley et d’une tapette à mouches Superpower (2005) de Gaële Girault, tandis que la benne industrielle Open House (1972/85) de Gordon Matta-Clark a abrité durant deux jours une croix latine sur laquelle était crucifiée une poupée vaudoue ensanglantée, à l’effigie du Pape Benoît XVI, tenant dans sa main droite un préservatif usager.

Interrogés par courriel, les responsables du MAMCO n'ont pas souhaité faire de commentaires sur ces épisodes et le fait que des visiteurs auraient admiré sans le savoir, à des moments donnés, des œuvres trafiquées. Et pour cause : ni les guides ni les conservateurs du musée n’ont découvert, a fortiori déjoué, les falsifications perpétrées depuis plus de deux ans.

Aussi à l'étranger

Pixel revendique d'autres actions similaires, plus ou moins spectaculaires, à travers le monde dans des galerie privées, des musées ou sur des monuments publics, voire lors de foires d'art. Ses audaces, qu'il commet seul ou, le plus souvent, avec des acolytes, ne connaissent aucune limite. On compte à ce jour plus de nonante interventions à son actif.

Son exploit le plus provocateur à l’étranger reste sans nul doute d’avoir placardé en mai 2006 sur plusieurs stèles du Mémorial aux victimes de la Shoah à Berlin (D) un portrait d’Adolf Hitler à la manière Andy Warhol portant l'inscription Ich bin immer da; le tout surmonté d’un grand drapeau à Svastika, symbole nazi interdit en Allemagne, formé de centaines de petites étoiles de David bleues sur un fond blanc. L’installation avait duré plus de vingt minutes avant que la police n’intervienne pour arracher lesdites affiches et la bannière en question. La prestation n’avait, toutefois, pas fait la une des médias ni déclenché la vindicte de la communauté juive. Seule l’extrême-droite locale avait salué l’initiative téméraire.

Modus operandi

Pixel s’attaque en priorité aux travaux des artistes contemporains sans prédilection particulière. Ses interventions consistent soit à berner les spectateurs en leurs laissant croire que la surcharge pratiquée sur une œuvre d’art par ses soins fait partie intégrante de celle-ci, car voulue à l’origine par son créateur, soit à susciter la réflexion et le débat par un ajout délibérément scandaleux réalisé, le plus fréquemment, sur un monument public à forte symbolique. Cependant, son empreinte fugace ne constitue pas forcément un embellissement pour l’ouvrage modifié.

Après avoir choisi sa cible, notre mystificateur s'assure, bien entendu, de la faisabilité de l'opération. Celle-ci est validée après un repérage approfondi des lieux. Rien n'est donc improvisé; tout est minutieusement planifié à l'avance dans les moindres détails. Parfois, une complicité dans la place, où se déroulera la future performance, est nécessaire pour la réussite d’une intervention. Pixel et ses collaborateurs agissent toujours travestis et, on l'a compris, prestement à l'insu des systèmes de surveillance, tant humains que techniques, des sites investis.

La seule contrainte, qu'il s'impose par respect des oeuvres et de leurs créateurs, est que tout ajout effectué sur une pièce, une installation ou un monument doit être passager et obligatoirement réversible. Pixel utilise, de surcroît, que des matériaux et des produits biodégradables ou recyclables pour réaliser ses transformations. Les artefacts altérés ne subissent, par conséquent, aucun préjudice matériel durable.

La vidéo et le Web sont évidemment les outils de communication les plus appropriés pour rendre compte de l'action, dont le résultat est amené à disparaître selon la volonté de son auteur. En effet, la plupart des missions, auxquelles assistent quelquefois des invités, sont filmées, puis publiées sur Internet soit en direct soit en différé à l’intention d’un public choisi. Certaines opérations, qui sont parrainées par des collectionneurs d'art, risquent en revanche de rester à jamais confidentielles.

Qui est Pixel ?

L'homme, qui souhaite garder l'anonymat, cultive le secret, ce afin de pouvoir continuer en toute liberté ses activités sauvages de customisation artistique. Son vrai visage reste inconnu, puisque le performeur agit toujours déguisé et ganté lors de ses opérations clandestines. De sorte qu'on sait peu de choses sur lui. L’individu avoue, néanmoins, avoir la trentaine et être diplômé de l'ECAL (CH). Sous sa véritable identité, cet ami de David Carter a fondé en mars 2003 sa propre agence de design à Londres (GB) et conçoit depuis divers objets industriels pour plusieurs marques internationales ainsi que du mobilier, en pièces uniques ou en petites séries, pour des particuliers. Parallèlement, le créateur s'occupe d'architecture intérieure en aménageant des espaces privés ou commerciaux pour une clientèle helvétique et étrangère. La presse spécialisée, notamment les revues Intramuros et Wallpaper, a salué quelques-unes de ses réalisations. Enfin, le designer écrit un premier roman policier.

Hors-la-loi…

Somme toute, rien de très singulier ni de très subversif dans les falsifications artistiques de Pixel, vandale plagiaire, qui se prend pour Banksy sans avoir pour autant son talent et sa causticité.

Le vandalisme d'œuvres d’art et, plus largement, de monuments publics par des individus ne date pas d'aujourd'hui. Les exemples sont nombreux; les plus triviaux étant les graffiti et autres tags. Les mobiles, les formes tout comme les méthodes employées sont aussi divers que leurs auteurs. L’acte reste, en revanche, relativement peu puni par la justice.

Quelques cas récents ont défrayé la chronique internationale. On se souvient notamment de l'affaire Rindy Sam, cette jeune peintre condamnée par la justice française pour avoir embrassé, en juillet 2007 à la Collection Lambert en Avignon (F), un monochrome blanc (1977) du plasticien américain Cy Twombly dans le but d’y laisser la trace de son rouge à lèvres sur la surface immaculée. Au procès, la femme avait justifié son geste comme un acte d’amour apportant, en outre, une plus-value artistique audit tableau; arguments qui n’avaient pas convaincu les juges.

En effet, les législations nationales concernant la propriété intellectuelle, de même que les conventions internationales en la matière, sont claires : nul sauf le créateur n'a le droit de modifier une œuvre artistique, même d’une façon temporaire et inoffensive, à moins que l’auteur donne son accord préalable ainsi que l’éventuel propriétaire du moment.

En l’occurrence, Pixel s’arroge un droit qu’il n’a pas en s’attaquant à l’intégrité physique et intellectuelle des œuvres ciblées et, par-là, en bafouant sciemment le droit moral de leurs auteurs ou, à défaut, des ayants droit. Ses manipulations, aussi esthétiques et éphémères soient-elles, sont donc assimilées à du vandalisme sans parler qu’elles enfreignent la loi fédérale sur le droit d’auteur et les droits voisins. Notre iconoclaste prend ainsi le risque d’être arrêté, jugé et sanctionné tant sur plan pénal que civil à chacune de ses performances sauvages.

Pour l'heure, notre falsificateur n’a pas été pris en flagrant délit de déprédation et aucun dégât matériel n’est à déplorer jusqu’à présent sur les œuvres touchées, en particulier celles du MAMCO, qui n’ont rien perdu de leur aspect originel ni de leur valeur vénale. Dès lors, il semble difficile pour les victimes des agissements de Pixel, que ce soit les artistes, les propriétaires ou les dépositaires des pièces dénaturées, d’intenter des poursuites en dommages et intérêts devant la justice civile, même pour tort moral. Reste que les lésés peuvent déposer plainte contre X pour dégradation temporaire de biens appartenant à autrui. Aucun ne l’aurait fait à ce jour, ce afin d’éviter toute publicité à Pixel.

Mais auteur bis

Force est de constater que chaque adultération perpétrée par Pixel constitue d’abord une performance artistique, aussi bien dans la démarche conceptuelle que dans son résultat, avant d’être un méfait répréhensible par la loi. Par l'acte d'appropriation, même temporaire, Pixel désacralise l'art et remet en cause non seulement le statut de l'oeuvre mais surtout la notion d'auteur.

Cela étant, certains juriste en droit de l’art estiment qu’une œuvre vandalisée devient un faux, et de facto une nouvelle œuvre, étant donné qu’elle ne ressemble plus à ce qu’elle était censée être. Du coup, selon eux, Pixel pourrait prétendre légitimement être l’auteur, à part entière, des avatars éphémères qu’il a produits par ses gestes illicites. D’autant plus que celui-ci en revendique explicitement la paternité en signant toujours ses passages furtifs.

Le cas de Pixel, qui est un exemple parmi d’autres, nous prouve une fois encore que le droit d’auteur actuel est quelque peu en décalage avec certaines pratiques de l’art contemporain. Mais n’est-ce pas le propre de l’art d’élargir continûment le champ de ses expérimentations et l’horizon de ses possibles ?

Ultime provocation

Aux dernières nouvelles, Pixel est apparu hier quelques heures sur YouTube, le visage masqué et la voix brouillée, pour annoncer qu'une toile de Roman Opalka, de la série Details, sera transfigurée par un graffiti numéral au MAMCO d'ici Noël 2009. L’iconoclaste nous donne d'ores et déjà rendez-vous sur le Web pour assister en temps réel à sa prestation. La date et l'horaire de l'événement seront communiqués aux intéressés, ce à la dernière minute, sur Twitter.

Malgré cet avertissement, la direction du musée n’estime pas nécessaire de renforcer la sécurité de ses collections exposées en adoptant des mesures préventives complémentaires, afin d’éviter que de tels actes se reproduisent à l’avenir.

MAMCO / 10 rue des Vieux-Grenadiers / CH-1205 Genève

* Patronyme connu de la rédaction

© Franco Maiullari, 3 janvier 2009. Toute reproduction ou diffusion, même partielle, du présent texte n'est autorisée qu'avec l'accord écrit préalable de l'auteur.

07.12.2008

La Mairie de Genève censure un parti d'extrême-droite !

La Ville de Genève bloque actuellement l’accès au site Internet du PNOS sur les ordinateurs professionnels et publics installés dans ses bibliothèques municipales et scientifiques ainsi que sur le réseau WiFi communautaire genevois, bien que ce parti d’extrême-droite et son site Web ne soient pas interdits par la justice helvétique.

On comprend encore moins cette mesure discriminatoire à l’égard du PNOS quand on sait que les sites d’autres mouvements nationalistes peu ou prou xénophobes voire carrément racistes, tels ceux de l’UDC, première force politique de Suisse, de l'American Nazi Party (USA), de la Magyar Gãrda (H) ou bien du Front National (F), sont tolérés sur les PC de la municipalité. Sans parler de leurs vidéos de propagande qui peuvent être visionnées librement via, par exemple, YouTube.com et DailyMotion.com.

Cette décision communale suscite d’autant plus la polémique que le site en question peut être consulté sans aucune restriction sur les ordinateurs des écoles genevoises, ce alors que le CTI de l’Etat de Genève utilise les mêmes logiciels de filtrage Internet pour ses systèmes d'information et de communication que la Ville de Genève. A savoir les produits WebFilter de la société WebSense (USA) en passerelle inter-réseaux et SmartFilter de Secure Computing Corporation (USA) sur les postes de travail.

Des lecteurs et lectrices, réunis en un collectif citoyen qui défend la liberté d’expression et le droit à l’information, condamnent la censure arbitraire dont fait l’objet le PNOS, cela même s’ils ne partagent en rien ses idées et ses valeurs. Interpellé sur cette «affaire», l’Exécutif de la Cité de Calvin, à majorité de gauche, devrait s’expliquer ces prochains jours sur les raisons de cette interdiction, et notamment la confirmer ou, en revanche, la lever comme l'exige ce collectif.

On sait déjà que le magistrat Patrice Mugny, en charge du Département de la culture, et deux hauts fonctionnaires de la commune reprochent au PNOS de propager une idéologie identitaire raciste et antisémite qui est en contradiction avec les principes éthiques de la  Municipalité, voire pénalement punissable en vertu de l'art. 261bis du CPS. A ces accusations diffamatoires, le PNOS rétorque, quant à lui, que tous les contenus publiés aussi bien dans sa revue Der ZeitGeist que sur son site Internet sont au préalable validés par un juriste; ces informations sont donc conformes à la Constitution et au droit fédéraux.

Au cas où la Mairie de Genève camperait sur ses positions, ledit collectif menace de saisir la justice administrative pour obtenir gain de cause contre ce qu'il considère un abus de pouvoir de la part de l’autorité politique concernée. L'action serait soutenue, en outre, par des professionnels I&D, membres de l’AGBD et du BBS, plusieurs journalistes indépendants et l’association Pro Libertate.

Dossier à suivre…

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© Franco Maiullari, 7 décembre 2008. Toute reproduction ou diffusion, même partielle, du présent texte n'est autorisée qu'avec l'accord écrit préalable de l'auteur.

02.12.2008

Victoire pour Indymedia.org !

Grâce à l’intervention de plusieurs membres de Pro Libertate et de l’AGBD auprès des autorités concernées, le site de presse alternative Indymedia.org est dorénavant consultable, ce sans la moindre restriction, sur tous les PC professionnels et publics installés dans les bibliothèques municipales et scientifiques de la Ville de Genève, ainsi que sur le réseau Wi-Fi communautaire genevois.

En levant l’interdiction dont faisait l’objet Indymedia.org jusqu’alors, l’Exécutif de la Cité de Calvin reconnaît de facto qu’il a censuré arbitrairement ledit site Internet et évite ainsi d’éventuelles sanctions judiciaires, en particulier pour entrave à la liberté d'expression et le droit à l'information.

Il faut dire aussi qu'un groupe de hackers, proche d'Anonymous et de la mouvance altermondialiste, menaçait de pirater les serveurs de ladite municipalité par mesure de rétorsion dans le cas où le Conseil administratif aurait confirmé l'exclusion du site en question. Danger potentiel qui a été vraisemblablement pris en compte lors de la décision des magistrats du Palais Eynard. En effet, la Direction des services d'information et de communication (DSIC) de la Ville de Genève avoue, certes du bout des lèvres, avoir subi en 2008 déjà plusieurs cyber-attaques dont les auteurs n'ont pas pu être identifiés à ce jour.

Cela dit, le combat n’est pas terminé pour autant… Rappelons que l’accès Web à Indymedia.org est encore bloqué, ce sur ordre des pouvoirs politiques et sans aucune obligation légale, dans plusieurs bibliothèques et médiathèques en Suisse, notamment au Tessin, en Valais et Vaud !

 

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© Franco Maiullari, 2 décembre 2008. Toute reproduction ou diffusion, même partielle, du présent texte n'est autorisée qu'avec l'accord écrit préalable de l'auteur.

05.10.2008

Artnapping au MHE de Genève !

Flash-back sur un fric-frac

En novembre 2005, un cadre de la Ville de Genève avait été interrogé par la PJ cantonale au sujet du vol par effraction perpétré au Musée de l’horlogerie et de l’émaillerie (MHE) dans la nuit du 23 au 24 novembre 2002; sa hiérarchie le soupçonnant d’avoir organisé l’opération.

Rappelons que quatre malfrats avaient dérobé en quelques minutes 174 pièces* anciennes et rarissimes (ca 1630-1955), ainsi que 48 montres contemporaines en lice au concours du Grand prix de l’horlogerie 2002 pour une valeur totale avoisinant 10 millions de francs. A ce jour, deux receleurs turinois ont été inculpés en 2003 et seul un garde-temps Bovet (ca 1840) a été récupéré chez un antiquaire londonien au début 2005, ce malgré un appel à témoin avec rémunération.

A l’époque, les investigations et le suspect n’avaient livré aux enquêteurs aucun indice factuel permettant de retrouver les objets disparus et/ou les auteurs de l’audacieux cambriolage. La délation était apparemment sans fondement. Le prévenu, alias «Arsène Lupin du Reblochon» en référence aux montres molles de Salvador Dali, avait donc été relâché après 24 heures de garde à vue. Le fonctionnaire avait été ensuite licencié par son employeur pour son antisémitisme et son soutien au Hezbollah. Il s’était reconverti depuis dans l’édition pornographique en France.

Post tenebras lux

L’homme, âgé de 55 ans, est aujourd’hui atteint d’un cancer incurable en phase terminale. C’est la raison pour laquelle l’individu souhaite vendre ses informations concernant ledit vol en échange de l’impunité judiciaire et d’une compensation pécuniaire dont les principaux bénéficiaires devraient être ses héritiers. Pour ce faire, il a mandaté son avocat, Me P.L.E., qui doit négocier incessamment un arrangement avec la Ville de Genève et les assureurs concernés (Winterthur, Lloyd’s Assurances), cela quand bien même le musée a déjà été indemnisé à hauteur de 9'540'000 CHF.

Croix latine.JPGCette nouvelle n’a rien d’un canular, car l’avocat et un journaliste choisi ont pu visionner avant-hier une vidéo, diffusée un bref instant sur YouTube, montrant notre «Arsène Lupin du Reblochon» avec quelques-uns des objets raflés, notamment une montre en forme de croix latine signée Jacques Sermand (ca 1650), plusieurs garde-temps émaillés par les frères Huaud (ca 1680-90) et une tabatière musicale à automate de John Rich et Jean-Abraham Lissignol (ca 1815). Preuve que l’ex-fonctionnaire est bien l’un des protagonistes du casse, peut-être même le cerveau, et/ou le principal receleur du butin et que le fric-frac n’a pas été commandité par un collectionneur malhonnête prêt à tout pour les posséder.

tabatière.JPGPour l’heure, Me P.L.E. n’a entre ses mains que les volontés et le testament olographes du mourant, mais ignore tout du domicile étranger de son client. Il recevra les aveux écrits relatifs au vol après le versement d’un million d’euros, pour moitié, dans une banque libyenne et, pour moitié, sur le compte d’une société offshore (IBC) dans un paradis fiscal convenu. Si les conditions de restitution sont respectées, l’endroit où sont cachées les valeurs sera alors dévoilé à un notaire belge par un intermédiaire anonyme. En cas de refus, celles-ci seront détruites ! Il est probable, par ailleurs, qu’une part de la récompense soit destinée aux complices du cambriolage. L’avocat estime qu’il y a urgence à conclure un règlement; son mandataire, très affaibli par la maladie, n’ayant que quelques semaines à vivre.

Le pornographe ne fait pas, pour le moment, l’objet d’un mandat d’arrêt international ou d’une quelconque procédure pénale, ce dans le but de faciliter les tractations. Le procureur genevois Daniel Zappelli, probablement averti de la situation, aurait déjà donné son feu vert à l’accord à venir. De toute manière, il sera difficile à la justice d’interpeller à nouveau l’intéressé, puisque ce dernier résiderait actuellement, incognito sous une fausse identité, dans un pays qui n’extrade pas ses citoyens. Son stratagème devrait ainsi lui permettre d’échapper à toute poursuite judiciaire de son vivant.

Avis d’experts

Les experts de Christie’s et du Art Loss Register consultés pensent que la marchandise ravie, invendable sur le marché de l’art, a de la peine à être écoulée via les réseaux clandestins du crime organisé, à l’exception des montres du Grand prix de l’horlogerie 2002 qui auraient pu trouver preneurs en Italie, en Russie, voire à Hong Kong en Chine. Tous numérotés et catalogués, les bijoux volés du MHE sont trop connus pour être revendus ou, à défaut, monnayés contre de la drogue ou des armes. Ce qui expliquerait la soudaine requête de notre «Arsène Lupin du Reblochon»… La récompense exigée s’apparenterait in fine à la rançon d’un «artnapping», étant donné qu’il y a menace de rétorsion en cas de non paiement.

Officiellement, le secrétaire général de l’ASM, David Vuillaume, assure que cette pratique est rare en Suisse comme en Europe. La réalité est tout autre. Ce genre de délit se développe, au contraire, de plus en plus. Beaucoup d’œuvres et biens culturels de grande valeur, qui sont «retrouvés» à la suite d’un vol, ont fait en général l’objet d’une rançon, ce parfois plusieurs années après leur disparition. La transaction s’effectue en toute discrétion entre le(s) voleur(s) et le propriétaire ou l’assureur, avec en principe l’aval de la justice. Cette solution arrange non seulement les malfaiteurs et les spoliés mais aussi les assurances qui n’ont à débourser que 5 à 15% du prix vénal du ou des objets dérobés. Les assureurs préfèrent, bien entendu, ne pas en parler pour ne pas induire en tentation d’autres criminels.

Il faut savoir que le vol de biens culturels, par son importance à l’échelle mondiale, arrive au troisième rang, juste après les trafics de stupéfiants et d’armes. Ce commerce illicite se chiffre à plusieurs milliards de francs chaque année au profit des réseaux mafieux. En Suisse, environ 1000 œuvres et plus de 2000 montres d'art disparaissent ainsi tous les ans.

Enquête policière bâclée

Du côté de la police, on avoue que l’enquête diligentée en 2005 sur le fonctionnaire en question avait été quelque peu bâclée. La juge d’instruction, Isabelle Cuendet, en charge du dossier n’avait ordonné aucune perquisition à son domicile, son bureau professionnel et ses coffres bancaires ou encore l’examen de son matériel informatique et de ses appels téléphoniques. Même une prise d’empreintes digitales et d’ADN n’avait pas été effectuée ! D’autant plus étonnant que le suspect, vivant seul, ne disposait pas d’alibi crédible au moment du délit. Cette négligence inquisitoire est aujourd’hui reprochée tant à la magistrate qu’au chef de la brigade des cambriolages. Les inspecteurs de la PJ, pour leur défense, prétendent avoir été abusés par le personnage manifestement au bord de la folie, tout en dénonçant, d’autre part, une mauvaise collaboration avec Interpol et, en particulier, la police italienne. Enfin, les détectives des assureurs admettent un échec cuisant dans leurs recherches pour repérer les objets volés.

Un musée en sursis

Grâce aux confessions du mourant, le musée pourrait bientôt récupérer son patrimoine subtilisé en 2002, si ce n’est l’intégralité du moins une bonne partie. L’institution a acquis, entre-temps, des dizaines de pièces antiques pour remplacer celles perdues, sans compter les dons en argent ou en nature provenant de particuliers et de manufactures horlogères, tels que Chopard, dont elle a bénéficié pour réassortir et enrichir ses collections qui comportent aujourd’hui quelque 18.000 pièces dignes d’intérêt.

Inauguré en octobre 1972 mais fermé au public depuis le fameux braquage, le MHE sis dans une bâtisse du 19e siècle, la Villa Bryn Bella, pourrait toutefois ne jamais rouvrir ! En effet, le projet de rénovation et d’agrandissement budgété à 13 millions de francs, qui permettrait son réaménagement muséographique et le renforcement de la sécurité réclamé par les assurances, a été gelé dernièrement par les autorités genevoises. Dans l’attente, ses trésors sont entreposés au coffre d’une banque de la place ou exhibés, pour une partie, au Musée d’art et d’histoire (MAH) dans le cadre d’expositions thématiques temporaires.

Silence radio

A l’instant où j’écris ces lignes, ni Estelle Fallet, responsable du MHE, ni Cäsar Menz, directeur du MAH, ne se sont exprimés sur le rebondissement inattendu à propos de cette affaire. Le maire Manuel Tornare est, quant à lui, injoignable. Les assureurs concernés, tout comme la justice, ne font aucun commentaire.

* Musée de l'horlogerie er de l'émaillerie. Catalogue raisonné des pièces dérobées le 24 novembre 2002 / Anne Baezner. In: Geneva. N.S., 51(2003), p. 59-127

© Franco Maiullari, 5 octobre 2008. Toute reproduction ou diffusion, même partielle, du présent texte n'est autorisée qu'avec l'accord écrit préalable de l'auteur.

22.07.2008

Nouveau scandale dans le marché de l'art

La Galerie Antilope, ouverte à Genève (CH) en janvier 2006, a été fermée récemment par la police. L'enseigne était spécialisée principalement dans le commerce et l'expertise d'antiquités Art-Déco des années 1920 et 1930.

Sa propriétaire, une française de 51 ans, a été interpellée la semaine dernière par la gendarmerie et écrouée suite à une plainte pénale. La femme est inculpée d'escroquerie et de faux dans les titres par la justice suisse, ce pour avoir vendu à un particulier quatre bronzes prétendument attribués à Alberto Giacometti, Henri Matisse et Henry Moore.

Le «pigeon» de cette arnaque, un notable genevois qui voulait faire un placement juteux, a déboursé quelque cinq cent mille francs pour acquérir lesdites statuettes qui se sont révélées être des contrefaçons après expertise. Les certificats d'authenticité délivrés avec les oeuvres n'étaient, bien entendu, pas vrais non plus.

Les sommes extorquées par l'antiquaire auraient servi à payer ses dettes et une partie de ses impôts. Elle aurait tenté, par ailleurs, de fourguer au plaignant des copies de deux dessins signés Pablo Picasso.

La police, qui soupçonne un trafic illicite d'envergure internationale, n'exclut pas que la galeriste indélicate ait pu faire d'autres victimes parmi sa clientèle. De nouvelles plaintes pourraient être déposées à son encontre. C'est pourquoi la prévenue reste en prison. En effet, la Chambre d'accusation vient de prolonger sa détention provisoire de deux mois à la demande de la juge d'instruction Valérie Lauber qui est en charge du dossier criminel. Sa boutique, quant à elle, a été placée sous scellés. Celle-ci a été perquisitionnée hier par la PJ. Plusieurs personnes ont été aussi interrogées par la juge dans le cadre de cette procédure judiciaire.

Me Grégoire Mangeat, avocat de l'incriminée, nous informe que sa cliente nie toute escroquerie. Et d'ajouter: «Dans le dossier, je n'ai pas vu que la police ou la juge se soient demandés si les statues pouvaient être des éditions posthumes, des surmoulages, des surtirages. On s'est très vite agité en raison de la renommée des artistes. Il aurait été plus prudent de faire un peu d'histoire de l'art et des techniques de fabrication d'un bronze avant d'arrêter ma cliente.» A le croire, la galeriste serait innocente des faits qui lui sont reprochés ! La juge n'est évidemment pas de cet avis...

L'enquête en cours devra déterminer dans cette affaire frauduleuse toutes les responsabilités et les complicités, notamment en ce qui concerne la fabrication et la provenance de ces faux bronzes. Interpol privilégie, de son côté, une piste en Allemagne où un réseau d'escrocs essayerait d'écouler sur le marché mondial plusieurs centaines de fausses sculptures d'Alberto Giacometti, de Demêtre Chiparus et de Jacques Lipchitz. L'une des répliques de Genève pourrait faire partie de ce lot. D'autres exemplaires ont déjà été saisis en Italie chez deux marchands d'art ainsi que chez un brocanteur belge. Les suspects ont été arrêtés. Leurs révélations devraient permettre de remonter rapidement la filière de ce trafic.

Galerie Antilope
Rue de la Tour-de-Boël 2
CH-1204 Genève/GE
Tél +41 (0)22.310.8460

28.05.2008

Sculpture controversée à Genève !

Le maire de la Ville de Genève, Patrice Mugny, a récemment commandé à l’artiste sénégalais Ousmane Sow (Dakar, 1935->), baptisé le Rodin africain, une sculpture en bronze dédiée aux sans-papiers vivant en Suisse. La pièce porte le titre L’immigré. Celle-ci représente un migrant anonyme, assis en train de lire un journal, dans une posture très digne malgré la souffrance qu'on devine sur son visage de déraciné. L'individu semble nous dire aussi qu’il a trouvé son pays d’adoption, prêt à s'y intégrer, avec l'espoir d'une vie meilleure. Cette création, comme toute la production du plasticien, est un manifeste pour plus d'humanité contre l'exclusion, le racisme, la xénophobie et les injustices sociales. En effet, Ousmane Sow a toujours placé l'Homme au centre de ses préoccupations artistiques. Ses sculptures réalistes, essentiellement des personnages, sont intenses, expressives, souvent chargées d'histoire et d’une forte symbolique. Sa série épique sur la bataille de Little Big Horn (1988-89) ou celles sur les ethnies Peuhl (1993-94) et Masaï (1994-99) sont des exemples significatifs de son travail. Une première rétrospective lui a été consacrée en 1999 à Paris; exposition très médiatique qui attira plus de trois millions de visiteurs.

Bien que pas encore exposée au public, ladite statue suscite une vive polémique depuis plusieurs semaines. Ce qui fâche ce n’est pas seulement le prix de l’œuvre, qui avoisine les SFr 400.000,- payés par les contribuables, mais surtout le fait qu’elle honore les personnes en situation illégale sur notre territoire alors que la population réclame un contrôle plus sévère de l’immigration dans un canton qui compte 45% d'étrangers. Rappelons que le nombre de clandestins à Genève est estimé à quelque 12.000 individus, beaucoup travaillant pour l'économie souterraine, et que leur situation n'est pas autant précaire qu'on le croît, puisque ces derniers, sans avoir de statut officiel, bénéficient à Genève de certaines facilités telles que l'accès gratuit aux écoles publiques ou aux soins médicaux, voire à l'aide sociale à travers l'Hospice général, tout en ne payant pas d'impôts. En outre, très peu d'allochtones, qui violent notre Loi fédérale sur le séjour et l'établissement des étrangers, sont reconduits à la frontière ou renvoyés dans leur pays d'origine, ce grâce à la complaisance coupable de nos autorités. Celles-ci, sous couvert de tolérance, bafouent donc sciemment la souveraineté des lois nationales en la matière.

C’est pourquoi une partie des citoyens et du monde politique et culturel est scandalisée par cet achat inconsidéré à l’instar du conseiller municipal radical Simon Brandt qui ne mâche pas ses mots : «C’est une honte ! L’oeuvre est une espèce de fil de fer tordu à un prix exorbitant. Si Patrice Mugny veut aider les sans-papiers, qu’il donne plutôt l’argent à la Croix-Rouge». Les élus de l'UDC, quant à eux, dénoncent non seulement l'initiative saugrenue du magistrat mais aussi le gaspillage d'argent ainsi que le laxisme de la police genevoise dans la traque aux clandestins. Enfin, de l'avis des experts en art, L'immigré n'est de loin pas la meilleure création d'Ousame Sow auquel ils reprochent, entre autres, son style par trop académique.

A ceux qui critiquent la dépense et l'objet, le maire de la Ville de Genève, surnommé le Khmer vert par ses détracteurs, répond qu’il s’agit «d’un acte symbolique dans un lieu public, qui permettra de susciter une prise de conscience à long terme sur la problématique des expatriés sans statut légal dans notre pays et, plus largement, du monde entier». En effet, l'édile écologiste milite pour une meilleure intégration des étrangers à Genève et souhaite notamment que tous les sans-papiers en Suisse soient régularisés sans exception par la Confédération.

La controverse est si violente que l'endroit où doit être érigée la sculpture a été tenu longtemps secret, en particulier vis-à-vis des médias, par la mairie sous prétexte d'en réserver la surprise aux Genevois. Finalement, on sait aujourd'hui que la figure sera installée sur la Place Cornavin, non loin de la gare ferroviaire, à l'angle des rues du Mont-Blanc et Pradier, soit dans un espace public très fréquenté. L'oeuvre sera inaugurée par les autorités le 30 mai prochain à 18 heures sous le signe du «vivre ensemble», formule qui exprime la réalité multicuturelle de Genève, cela en présence de l'auteur, de Mr Babacar C. Mbaye, ambassadeur du Sénégal auprès de l'ONU, et de plusieurs associations défendant les immigrés comme le Collectif de soutien aux sans-papiers qui, contre toute logique, bénéficie scandaleusement d'une subvention municipale.

Des extrémistes de droite, parmi eux la Faction Georges Oltramare, ont d’ores et déjà promis qu’ils vandaliseront le monument contesté dans les semaines ou les mois à venir.

Cette affaire prouve encore une fois que l’art et la politique ne font pas forcément bon ménage… surtout quand il est aussi question de gros sous et de l'ego d'un autocrate en souffrance.

Ousmane Sow sculptant l'ébauche de L'immigré (© Béatrice Soulé)

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© Franco Maiullari, 8 mai 2008. Toute reproduction ou diffusion, même partielle, du présent texte n'est autorisée qu'avec l'accord écrit préalable de l'auteur.

18.05.2008

Jacques Garcia exécute John Armelder !

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Le Centre culturel suisse à Paris (F) accueille du 18 mai au 29 septembre 2008 dans son espace principal un projet inédit de John ARMLEDER (1948->) conçu spécifiquement pour le lieu. On ne présente plus John ARMELDER, artiste suisse de renom international au travail protéiforme et cofondateur du groupe Ecart en 1969. Sa démarche artistique, qui explore des voies et des médiums multiples, est autant influencée par les mouvements Fluxus et Néo-Géo que par le Dadaïsme, le Bauhaus, le Suprématisme ou encore l’Op-Art, tout en s’affranchissant de règles dogmatiques.

John ARMELDER a invité un créateur à produire une exposition en toute indépendance, sans directive précise, dont le résultat présenté est signé au final par John ARMELDER. C’est un projet couvé de longue date que l’artiste n’avait jamais encore pu concrétiser. Celui-ci articule les notions de décor, d’appropriation, de perception et fait appel à l’ornement en tant que dispositif conceptuel à part entière.

Pour ce faire, John ARMLEDER a délégué totalement la réalisation de cette commande au célèbre décorateur français Jacques GARCIA (1947->), dont l'inspiration éclectique s’étend du minimalisme zen à la surcharge néogothique, de l’exotisme du Retour d’Égypte aux excès du Napoléon III sans jamais tomber dans le pastiche anachronique ou le kitsch absolu. Le designer est connu, notamment, pour avoir effectué la relookage de l'Hôtel Costes, du Fouquet's et d'un salon de thé Ladurée, celui des Champs-Elysées, à Paris.

2001_france_garcia.jpgJacques GARCIA a ainsi mis en scène pour le plasticien un authentique appartement bourgeois dans ses moindres détails, du vestibule à la salle à manger en passant par le salon et la chambre à coucher, ce selon les codes esthétiques qui lui sont propres. Dans cet espace, par essence privé mais ici rendu public, un mobilier de toutes périodes, des bibelots les plus divers, une vaisselle et de l'argenterie rococo, quelques livres par-ci par-là, une peau de tigre au pied d'un lit à baldaquin, et cetera desunt ont été savamment disposés entre les murs recouverts de laques sang-de-boeuf et autres savonneries, sur lesquels sont accrochés, entre autres, une Coulure de John ARMLEDER, seule trace tangible du Suisse, ainsi que des photographies d’Helmut NEWTON et Noboyoshi ARAKI. Certains éléments exposés appartiennent à la collection personnelle de Jacques GARCIA, tels qu'un portrait de sa mère ou des antiquités empruntées à son château du XVIIe Champ-de-Bataille (F), alors que d'autres meubles ont été créés par le décorateur spécialement pour l'événement. Cette habitation éphémère, riche en références et curiosités, serait celle d'un homme cultivé, quelque peu excentrique, et amoureux des plaisirs de la vie à l'instar d'un Philippe SOLLERS.

De toute évidence, Jacques GARCIA a su relever le défi lancé par John ARMELDER en livrant, avec un sens de la dérision, un décor plus GARCIA que GARCIA plein de fatuité. Sa scénographie transfigure complètement l'architecture moderniste et industrielle du White Cube de la galerie du Centre culturel suisse. L'univers obtenu est un tableau théâtral, à l'atmosphère étrange et envoûtante tout en étant ludique, dans lequel le spectateur déambule à sa guise, subjugué par son côté carton-pâte hollywoodien et la surabondance d'objets hétéroclites. Cependant, le voyeur a le sentiment que ce monde clos et inhabité, où toute activité semble interdite, paraît figé dans le temps pour l'éternité. L'invité, immergé dans cette expérience, est partagé entre l'impression d'être chez quelqu'un, propriétaire imaginaire qu'il ne rencontrera jamais, et celle d'être plongée au cœur même de l'œuvre. Le montage, qui objectivement brouille les pistes, traduit au final les rapports d'attraction et de répulsion entre l'art et le décoratif.

Attaché à l’idée "qu’une pièce est terminée conceptuellement avant qu’elle ne soit produite", l’œuvre de John ARMLEDER est bel et bien ici la réalisation de cette installation par Jacques GARCIA, selon le principe de la délégation, cher à l’artiste. A n'en pas douter cette performance artistique constitue une nouvelle Furniture sculpture de John ARMELDER qui nous révèle, par ailleurs, "avoir utilisé la signature et le style GARCIA comme un ready-made" et d'ajouter que "c'est le regardeur qui fait l'oeuvre".

Quant à Nicolas TREMBLEY, le commissaire de ladite exposition, il la résume en ces quelques mots : "Un appartement de célibataire amoureux, sur 150 m2, où sexe et culture font bon ménage. A visiter, bien entendu, sans retenue !".

La manifestation, à peine ouverte au public, suscite déjà la polémique. En effet, les visiteurs se posent invariablement la question de savoir si cet intérieur domestique est plus qu'un exercice de décoration et peut prétendre au statut d'oeuvre d'art, mais surtout qui en est le légitime auteur ? D'aucuns, qui n'ont rien compris à l'affaire, crient à l'imposture et n'hésitent pas à dire que John Armelder a usurpé le travail de Jacques Garcia en revendiquant la paternité de cette installation. Ce n'est ni la première ni la dernière fois qu'un ouvrage de John ARMELDER provoque l'incompréhension du public...

Rappelons, enfin, que le Centre culturel suisse à Paris a été créé en 1985 par la Fondation Pro Helvetia. L’institution a pour mission de faire connaître en France la création contemporaine helvétique, d’y favoriser le rayonnement des artistes suisses, tous domaines confondus, et de promouvoir les liens entre la Suisse culturelle plurilingue et les diverses cultures présentes à Paris.

Centre culturel suisse
Rue des Francs-Bourgeois 32-38
F-75003 Paris
Tél. +33 1.4271.4450

Horaires : du mercredi au dimanche 13h–20h / nocturne le jeudi jusqu’à 22h.

© Franco Maiullari, 18 mai 2008. Toute reproduction ou diffusion, même partielle, du présent texte n'est autorisée qu'avec l'accord écrit préalable de l'auteur.

Affaire timbrée... à la Deutsche Post AG !

A l'instar de plusieurs pays, dont la France et la Suisse, la poste allemande propose un service Plusbrief individuell qui permet à ses clients de choisir ou créer par eux-mêmes, via Internet, les motifs qui seront imprimés sur leur enveloppe postale pour l'affranchissement. Ces timbres-poste personnalisés sont en principe vérifiés avant émission, ce afin d’éviter notamment que des images à caractère raciste ou pornographique soient publiées.

b.100.105.16777215.0.stories.bilder.medien.npd.ds.rudolf-hess-briefmarke.jpgDes extrémistes de droite ont pourtant réussi en mars 2008 à faire imprimer des timbres de la Deutsche Post AG à l'effigie du nazi Rudolf Hess, l'un des principaux lieutenants d’Adolf Hitler sous le IIIe Reich jusqu’à sa disgrâce en mai 1941 pour avoir tenté de négocier un accord de paix avec la Grande-Bretagne.

Rappelons qu'à la fin de la 2e Guerre mondiale, Rudolf Hess, jugé partiellement irresponsable en raison de son état mental, fut condamné en 1946 à la prison à perpétuité lors du procès de Nuremberg (D). L'homme s'est suicidé par pendaison le 17 août 1987, à l'âge de 93 ans, au pénitencier de Spandau (Berlin-Ouest, RFA), où il purgeait sa peine, et fait depuis figure de martyr au sein des groupes d'extrême-droite de toute l'Europe.

Les vingt enveloppes prétimbrées, qui ont pu être éditées en déjouant les contrôles de la Deutsche Post AG, ne représentent pas seulement un hommage mémoriel à l'ex-dignitaire nazi et un coup d'éclat médiatique de la part de ces nostalgiques de la croix gammée, mais constituent aussi une performance artistique selon leurs auteurs. Telles des gravures, chaque pli est ainsi numéroté de I à XX au crayon gris; cinq spécimens étant même enrichis de figures telles que des runes du Futhark germanique et/ou d'un swastika.

Comme il fallait s'y attendre, lesdits timbres sont déjà considérés par les philatélistes et certains marchands d'art comme des pièces uniques de collection, ce d'autant plus que le nombre mis en circulation est peu élevé. Le spécimen le plus remarquable est sans doute celui qui a été affranchi le jour du 114e anniversaire de la naissance de Rudolf Hess. Il s'agit de l’exemplaire n° V/20 dûment oblitéré par la Deutsche Post AG le 26 avril 2008 à Nuremberg (D) et portant, par ailleurs, le tampon du NPD surmonté de deux Sigel et des dates 1894-1987 écrites à l’encre noire. Le dos de l'enveloppe affiche, quant à lui, l'inscription "Märtyren sterben nie" en lettres rouges. Le courrier scellé renferme, en outre, une note manuscrite de Rudolf Hess adressée à Adolf Hitler le 13 mai 1935. L'enveloppe avec sa vignette postale et son contenu ont été acquis hier par un israélite, qui souhaite garder l'anonymat, pour la somme de 6500 US$ sur un site d'enchères américain !

En tout cas, les protagonistes de cette histoire timbrée ont le sens des affaires... Qu'en pense le Congrès juif mondial ?

© Franco Maiullari, 18 mai 2008. Toute reproduction ou diffusion, même partielle, du présent texte n'est autorisée qu'avec l'accord écrit préalable de l'auteur.

07.05.2008

Entre-deux pour pièce en mal de séparation

B-Plan, enseigne genevoise spécialisée dans l’architecture d’intérieur et l’ameublement contemporain, accueille dans ses locaux jusqu’au 30 juin 2008 sous le titre «Entre-Deux» les travaux réalisés par les étudiants de l’Ecole des arts appliqués de Genève (EAA) dans le cadre d’un workshop interdisciplinaire sur le thème "De la séparation d'espace au paravent".

Pour rappel, l’EAA forme aujourd’hui plus de cinq cents élèves, tous degrés confondus, dans des métiers aussi divers que la bijouterie, la céramique, la conception multimédia, la création de vêtements, le dessin d’intérieur, le graphisme et le design 2D/3D. En complément à l’enseignement donné, l’école conduit aussi de nombreux projets avec des entreprises, des collectivités ou des artistes confirmés afin d’offrir des expériences concrètes à ses apprenants. L’exposition concernée est un exemple de ces partenariats, puisqu’elle est le fruit d’une collaboration avec la manufacture belge BULO, un des leaders mondiaux du mobilier de bureau de qualité, fondée par Walter Busschop en 1963.

Après avoir visité le siège dudit fabricant à Malines (B) et rencontré ses acteurs, les étudiants des filières de design 3D, de dessin d’intérieur et de stylisme ont réfléchi sur la problématique de la «paroi mobile» dans l’habitat actuel tout en retraçant l’histoire du paravent et son rôle à la fois architectural, fonctionnel, décoratif et social à travers les civilisations, notamment dans la tradition chinoise où les plus anciens exemplaires connus, véritables œuvres d’art, datent de quelque 2000 ans. Ensuite, chacun a laissé libre cours à son imagination pour nous livrer sa vision personnelle de ce meuble usuel, ce dans un esprit résolument moderne et inventif; les stylistes, quant à eux, s’étant consacrés spécialement à la recherche de matières.

Carte3.jpgLes solutions proposées sont originales et esthétiques, parfois empreintes d’une certaine poésie. Toutes offrent des possibilités intelligentes d’organiser l’espace, autant dans un local professionnel ou communautaire que dans un habitat privé, en y délimitant des zones spécifiques ou individuelles selon nos besoins et envies du moment. Parmi les ouvrages présentés, on appréciera particulièrement le concept «Fil rouge» de Loric MAIULLARI et celui de Viviana LEPORI intitulé «Pour sieste». En effet, ces jeunes designers, doués d’un talent certain, ont créé des modules nomades qui servent non seulement d’éléments séparateurs à l’intérieur d’une pièce mais également d’aires de repos conviviales à leurs utilisateurs. Un dessin sobre, tout en courbes élégantes et sensuelles, confère à ces ensembles, en outre, une plastique remarquable.

Au-delà de l’aventure humaine, ce workshop a permis aux étudiants d’aborder la réalité du monde industriel lié à leurs domaines d’activité respectifs et de mettre en exergue leur créativité tout comme leurs compétences et savoir-faire. La plupart des participants achèveront leur cursus scolaire et obtiendront leur diplôme fédéral (CFC/MPA) au mois de juillet 2008.

B-Plan S.A.
Chemin J. Philibert-de-Sauvage 37
CH-1219 Châtelaine (GE)
Tél. ++41.(0)22.970.1250

Site internet http://www.bplan.ch

18.04.2008

Projet funèbre ?

Gregor+Schneider.jpgL'artiste germanique Gregor Schneider, l'un des plus en vue du moment, fait scandale en voulant exposer dans un musée allemand un mourant ou, à défaut, quelqu’un qui vient de décéder. L’objectif premier de cette performance, pensée depuis 1996 et intitulée pour l'heure Tod im Museum, est de briser l’un des derniers tabous de la société occidentale en mettant en scène, comme il l’affirme, «la beauté de la mort» et de prouver, par ailleurs, que les artistes peuvent nous inventer des lieux plus humains pour mourir dignement que les mouroirs d'hôpitaux.

Le créateur âgé de 39 ans, qui s'est rendu célèbre en 2001 à la Biennale d'art de Venise (I) en obtenant le Lion d'or avec son oeuvre Totes Haus Ur, a révélé son projet macabre le 17 avril 2008 dans le numéro 190 de la revue The Art Newspaper. Il souhaite réaliser cette installation insolite au Museum Haus Lange de Krefeld (Allemagne) dont la direction, interrogée à ce sujet, s’est refusée à tout commentaire. Pour l’heure, le plasticien assure être «en contact avec un richissime collectionneur d’art» en fin de vie, membre du mouvement raëlien, qui pourrait accepté sa proposition sans contrepartie.

Comme on pouvait s’y attendre, cette annonce provoque l'indignation et une vive controverse, notamment en Rhénanie du Nord-Westphalie, la région où se situe le musée concerné. Pour un large public, ce projet, s’il était réellement exécuté, flatterait surtout notre désir malsain de contempler en direct l'agonie d’un homme ou d'une femme jusqu’à sa mort naturelle et constituerait, même avec l'accord contractuel de l'intéressé(e), ni plus ou moins une atteinte à la dignité humaine et aux droits de la personne. Cette affaire pose, en effet, une nouvelle fois la question de savoir si un artiste peut tout se permettre et si on peut tout montrer au nom de la liberté d’expression et de création.

D'aucuns ont ainsi suggéré à Gregor Schneider, qui a déjà reçu plusieurs menaces de mort, de mettre en spectacle son propre suicide. D'autres lui rappellent, avec raison, que la télé-réalité l'a devancé dans cette opération morbide en filmant des mourants cancéreux, cela sans avoir besoin d'un prétexte culturel.

En tout cas, le concept de l'allemand est moins révoltant que l'exhibition montée en 2007 par le costaricain Guillermo Vargas Habacuc à la Galerie Códice de Managua (Nicaragua). On se souvient que cet artiste avait attaché un chien à un mur de ladite galerie pour le laisser mourir lentement de faim et de soif, ce non loin d'une pancarte sur laquelle était inscrit en croquettes Frolic «Eres lo que lees» (Tu es ce que tu lis). Les visiteurs, quasi impassibles, avaient alors assisté au trépas programmé du pauvre animal.

Affaire à suivre... Cette expérience extrême, accomplie ou non en 2008, fera l'objet d'un documentaire tourné par Marion Schmidt pour la ZDF qui devrait être diffusé en primeur sur Arte l'an prochain.

Plus d'informations sur le plasticien sous : www.gregorschneider.de

© Franco Maiullari, 18 avril 2008. Toute reproduction ou diffusion, même partielle, du présent texte n'est autorisée qu'avec l'accord écrit préalable de l'auteur.

15.03.2008

L'art contemporain rend hommage à l'esprit d'entreprise

Art and Entrepreneurship est une exposition artistique itinérante sur le thème de l'esprit d'entreprise. Elle est sponsorisée par le groupe Crédit Suisse, prestataire international de services financiers, qui a mandaté Michelle Nicol, historienne de l'art, pour le commissariat et la promotion de l'événement. Les quarante oeuvres originales réalisées à cette occasion par une nouvelle génération d'artistes parmi lesquels Michael Bauer, Mamiko Otsubo* et Fabian Marti, seront présentées en première mondiale à la foire d'art contemporain Art Dubai (http://www.artdubai.ae), ce du 19 au 21 mars 2008. Les créations exhibées comptent aussi bien des peintures à l'huile ou en techniques mixtes, des aquarelles, des photographies, des collages, des sculptures que des installations médiatiques. Toutes se focalisent sur les cinq valeurs entrepreneuriales citées lors d'un sondage auprès des clients du Crédit Suisse : vision, savoir, réseau, famille et responsabilité sociale.

Ladite exposition sera ensuite montrée dans sept autres grandes villes, notamment au Chelsea Art Museum de New York (USA) et au Mamco à Genève (CH). Cette tournée planétaire s'achèvera le 24 novembre 2008 avec la mise aux enchères publiques des oeuvres chez Phillips de Pury & Company à Londres (GB). Selon les experts de la firme, cette opération devrait rapporter entre 150.000 et 220.000 dollars américains, voire peut-être plus. Rien que le tableau de Sumir Tagra et Jiten Thukral, intitulé Metropolis, pourrait, en effet, trouver preneur à plus de 70.000 dollars américains. La moitié des bénéfices de la vente ira aux dix-neuf créateurs, tandis que l'autre part sera reversée à l'organisation caritative Room to Read qui soutient des projets éducatifs dans des pays en développement grâce, par exemple, à la construction d'écoles et de bibliothèques.

Souhaitons un plein succès à cette exposition tout en espérant que le montant de la vente dédiée dépassera largement les estimations prévues, ce malgré une conjoncture mondiale défavorable qui n’est pas le meilleur moment pour organiser des enchères de jeunes artistes !

Calendrier de la tournée Art and Entrepreneurship 2008

• Dubaï (EUA), 19 - 21 mars
• New York (USA),  23 - 29 juin
• Berlin (D), 4 - 6 septembre
• Moscou (RU), 17 - 18 septembre
• Genève (CH), 11 - 13 octobre
• Milan (I), 22 - 23 octobre
• Madrid (E), 4 - 6 novembre
• Londres (GB), 20 - 23 novembre 2008.

*Milkyway (2007) de Mamiko Otsubo

Pour plus d’informations, contactez :

Media Relations Credit Suisse

Tél. (+41) 844.33.8844 ou media.relations@credit-suisse.com

16.02.2008

Bambous kanak... à Genève !

Le Musée d’ethnographie de Genève (MEG) présente du 28 février 2008 au 4 janvier 2009 une exposition de référence consacrée aux bambous gravés de Nouvelle-Calédonie dont les plus anciens exemplaires connus remontent à la fin du XVIIIe siècle. La collection genevoise, avec ses vingt-cinq spécimens historiques et sa documentation, est par son importance la seconde au monde, après celle du Musée du Quai Branly à Paris (F).

Ces objets typiques de l'art océanien, appelés kârè-e-tâ en langue ajië, sont entièrement recouverts de motifs figuratifs ou abstraits entremêlés qui illustrent les divers aspects de la vie des Kanak d'autrefois, y compris les affres de la colonisation française et de l’esclavage. Véritables supports de mémoire et de récits, ces chaumes ornés relatent ainsi les coutumes, les mythes, les hauts faits des ancêtres, un événement marquant ou encore l'histoire d’une personne, d’une famille ou d’un clan. Les autochtones les utilisaient, par ailleurs, comme bâtons de voyage, dans lesquels des herbes magiques étaient enfermées, pour se protéger des dangers de la route lorsqu’ils s’aventuraient hors de leur village. Enfin, certains bambous gravés participaient à la transmission des savoirs techniques et médicinaux de génération à génération. Ces "bandes dessinées", à défaut d'écriture, constituent en quelque sorte les archives du peuple kanak et font partie intégrante de son patrimoine culturel.

Malgré les apparences, la méthode de dessin employée n'est pas la pyrogravure. En effet, c'est à l'aide d'éclats de quartz, de pinces de crustacés ou de valves de coquillages, puis plus tard avec des outils métalliques que les Kanak ciselaient leurs oeuvres, enduites ensuite d'huile de Bancoulier ou de noir de fumée afin d'en faire ressortir par contraste les pictogrammes intaillés. Leur réalisation exigeait une grande habileté.

Bien que la production des bambous gravés se soit arrêtée aux environs de 1917, des artistes kanak contemporains, tels que Micheline Néporon et Stéphanie Wamytan, se sont réappropriés cette forme d’expression pour transcrire leurs préoccupations ou traiter de problèmes d'actualité, ce souvent avec beaucoup d’originalité et d’esthétique tout en respectant l’héritage ancestral. Certaines pièces sont, par exemple, gravées au laser. Leurs oeuvres témoignent du renouveau de la création kanak.

images?q=tbn:ANd9GcSrnAzPg5u3Cs5tmScIoZ0y1KcyTqZMTi-icuv-i55np1Iwsvg&t=1&usg=__pMYJrrQigh618Xk5r9N-mLSlRv8=Avec cette exhibition, l'institution muséale rend aussi hommage à Mme Marguerite Lobsiger-Dellenbach (1905-1993), directrice du MEG entre 1952 et 1967, pour ses recherches fouillées sur ces artefacts. Cette ethnologue suisse étudia tout au long de sa carrière l'énigme des bambous kanak afin d'en décrypter leur langage spécifique et, par là, leurs messages, au point d'en devenir la spécialiste mondiale, cela sans avoir jamais visité la Nouvelle-Calédonie. Son ambition était d'examiner tous les exemplaires conservés de la planète en vue d'en rédiger un corpus complet. La scientifique publia, en outre, une thèse doctorale (1940) ainsi que plusieurs articles raisonnés sur le sujet qui font autorité.

A l’occasion de ladite exposition, les éditions Infolio publient un ouvrage collectif sous la direction de Roberta Colombo Dougoud, conservatrice au MEG, qui a pour titre Bambous kanak, une passion de Marguerite Lobsiger-Dellenbach (184 pp / ISBN 978-2-88474-083-8). Ce catalogue, bien documenté et richement illustré, nous apporte un éclairage approfondi sur cet art replacé dans le contexte de l’archipel mélanésien. Il contient notamment l'inventaire détaillé de l'ensemble des bambous calédoniens possédés par le MEG à ce jour.

© MEG (photo de Johnathan Watts), 2008



Musée d’ethnographie de Genève
Boulevard Carl-Vogt 65
CH-1205 Genève
Tél. +41.(0)22.418.4550

Ouvert du mardi au dimanche, de 10 à 17h.

© Franco Maiullari, 16 février 2008. Toute reproduction ou diffusion, même partielle, du présent texte n'est autorisée qu'avec l'accord écrit préalable de l'auteur.

29.01.2008

Driade fête ses 40 ans à Genève

B-Plan S.A., enseigne genevoise spécialisée dans l’architecture d’intérieur et l’ameublement contemporain, vous invite du 7 février au 31 mars 2008 à découvrir sa nouvelle exposition thématique intitulée «L’arte di abitare».

Ledit événement fêtera aussi les 40 ans d’existence de la marque Driade en présentant un choix de ses produits, en particuliers les nouveautés. Fondée par Enrico et Antonia Astori avec Adelaide Acerbi, cette firme italienne édite depuis 1968 du mobilier d'avant-garde et des objets d’art créés par les plus grands designers de notre époque tels que Mario Bellini, Ron Arad, Enzo Mari ou encore Philippe Starck. Sa démarche d'édition s'inscrit dans un dialogue permanent entre design, architecture et art. Les rangements modulaires Oikos (1972-80) et les chaises Costes* (1985) sont deux exemples emblématiques de la production Driade caractérisée par l’originalité, l’esthétisme et l’innovation ainsi que la qualité de fabrication. Mais le succès international de Driade est aussi dû à une communication et un marchandising intelligents, notamment via des campagnes publicitaires réalisées par des photographes de renom. L'entreprise a été récompensée, en outre, par plusieurs prix comme, par exemple, le Compasso d’Oro de l'ADI.

Le manufacturier propose aujourd’hui à travers quatre gammes distinctes des solutions globales et uniques pour notre habitat, cela en parfaite adéquation avec nos modes de vie modernes : à savoir Driade (the philosophy of home-living), Driade Chef (the culture of cooking), Driade Store (the light home) et Driade Kosmo (the world of objects).

L’architecte et designer Antonia Astori inaugurera l’exposition en la commentant, ce tout en retraçant le parcours exceptionnel de la marque. Yves Bessard, directeur de B-Plan S.A., et toute son équipe professionnelle vous offriront ensuite le verre de l’amitié autour d'un buffet.

Rappelons que la société B-Plan S.A. s’est installée en 2001 dans un bâtiment industriel du site Verntissa à Genève, locaux qui ont été entièrement rénovés en 2007. Le show-room, d’une surface de quelque 950 m2, est consacré à des expositions temporaires et la présentation de nouveautés dans le domaine du design à partir d’une sélection de marques prestigieuses (Artemide, BPA, Bulo, Driade, Zanotta, etc.) répondant à des impératifs tant fonctionnels que plastiques. Chaque fabriquant est mis en scène, ce d’une manière quasi muséale, dans son espace spécifique. Le show-room est actualisé tous les trimestres de sorte que celui-ci est en continuelle métamorphose. Les prestations de B-Plan s'adressent autant aux particuliers qu'aux entreprises et collectivités publiques. Bien entendu, le conseil à la clientèle est des plus compétents.

*

B-Plan S.A.
Chemin J. Philibert-de-Sauvage 37
CH-1219 Châtelaine (GE)
Tél. +41.(0)22.970.1250

Vernissage de l’exposition : 7 février 2008 à 18h 30.

15.01.2008

Concours de design suisse

Depuis plus de soixante ans, Lista Office A.G. est leader sur le marché helvétique des systèmes de mobilier de bureau. L'entreprise organise cette année son premier Lista Office Design Award, challenge créatif destiné aux étudiants et aux récents diplômés dans les métiers des arts appliqués. Le thème retenu «Tout en tôle» invite les concurrents, aussi bien suisses qu’étrangers, à concevoir des petites aides (outils, ustensiles, meubles, luminaires, etc.) pour la vie quotidienne à la maison, au jardin, au travail ou réservées aux loisirs, ce en utilisant principalement de la tôle comme matériau de fabrication. Les objets imaginés, qui ne peuvent excéder un mètre cube, doivent répondre à des impératifs tant fonctionnels qu’esthétiques et être, si possible, innovants.

Le jury est composé de dix personnalités reconnues, parmi lesquelles les designers suisses Alfredo Häberlin et Reto Kaufmann. Les prix, pour une valeur globale de SFr 25.000.-, seront décernés en novembre 2008 à l’occasion du Designers’ Saturday 08 à Langenthal (CH), où les dix projets primés seront exposés sur le stand de la société Lista Office A.G. Les travaux seront, en outre, publiés dans une édition spéciale de la revue Hochparterre, tandis que certains d’entre eux seront développés jusqu’à maturité puis produits en série par ledit manufacturier.

Par cette initiative qui sera reconduite tous les deux ans, Lista Office A.G. entend offrir aux jeunes designers une plate-forme qui facilite leurs débuts dans la vie professionnelle en faisant connaître leur créativité et leurs compétences à un large public.

Parions que le premier lauréat de cette édition 2008 sera probablement un (ancien) élève de l'ECAL !

Plus d’informations et inscription au concours sur http://www.lista-office.com/award

Lista Office A.G.
Alfred Lienhard Strasse 2
CH-9113 Degersheim
Tél. +41 (0)71 372 5252
Fax +41 (0)71 372 5244

30.11.2007

De Véronèse à Picasso, patrimoine en danger au MAH !

Patrimoine exceptionnel

Le Musée d’art et d’histoire de Genève (MAH) propose jusqu’au 30 mars 2008 un accrochage temporaire de 82 chefs-d’œuvre du XVIe au XXe siècle des écoles italienne, nordique et française sans oublier, pour autant, le courant suisse. Cette sélection provient de son fonds pictural comprenant à ce jour quelque 6500 pièces représentatives du Moyen-Age à l’époque contemporaine. Les visiteurs peuvent ainsi admirer des tableaux tels que Mise au tombeau (ca 1575-80) de Paolo Caliari, dit Véronèse, Le Calvaire (ca 1655) de Karel Dujardin, La cabane de Saint-Adresse (1867) de Claude Monet ou encore Baigneurs à la Garoupe (1957), une toile monumentale signée Pablo Picasso. Au rang des créateurs helvétiques figurent des oeuvres de Jean-Etienne Liotard, Alexandre Calame, Félix Vallotton et, bien entendu, Ferdinand Hodler dont le conservatoire possède 150 peintures.

Rénover et agrandir

En parallèle, l'exposition met l’accent sur le plan de rénovation du musée et présente le projet d'extension, imaginé en 1998 par l’architecte français Jean Nouvel, qui devrait être réalisé dans un futur proche. Le bâtiment supplémentaire en acier et verre, d’une surface totale de 7000 m2 répartis sur cinq niveaux, occupera la cour intérieure de l’édifice actuel et abritera, notamment, au dernier étage un restaurant panoramique dominant la Cité de Calvin et offrant une vue unique sur le lac Léman. L'ensemble sera complété par un petit pavillon construit sur la Promenade de l'Observatoire, juste en face de l'entrée principale du MAH.

Il est grand temps que ce projet immobilier sorte de terre afin d'assurer l'avenir du musée. En effet, l’établissement existant est aujourd’hui vétuste et souffre d’un manque chronique d’espace pour exposer ses collections extrêmement riches dont seuls 10% ne sont montrés aux visiteurs. Plusieurs salles du Département des beaux-arts ont dû être récemment fermées au public, ce après l’effondrement d’une partie des corniches des plafonds. Par ailleurs, le système de climatisation est hors d'usage depuis plusieurs années, tout comme l'humidification et la ventilation de l'immeuble avec des conséquences dramatiques pour ses biens culturels. Sans parler des façades et de leurs statues qui sont sérieusement altérées par le temps et la pollution. Ce ne sont là, selon son directeur Cäsar Menz, que quelques exemples de l'état de décrépitude du MAH. Le patrimoine, que l’institution a pour mission de conserver, d’étudier et de mettre en valeur, est donc en péril.

Appel au mécénat privé

Rappelons que le musée, qui a été fondé en 1910 à l’initiative des milieux privés et conçu d'après les plans de Marc Camoletti, n’a jamais bénéficié d’une restauration complète. Les travaux de réfection coûteront quelque 35 millions de francs suisses à la Ville de Genève, propriétaire des lieux, et dureront près de 6 mois. En revanche et compte tenu de la situation financière de la municipalité, l’extension du musée ne pourra être entérinée que si la fondation privée*, créée à cet effet et présidée par le député Renaud Gautier, réunisse d’ici fin 2008 les 40 millions de francs suisses nécessaires à sa construction qui pourrait alors débuter au plus tôt en 2011 sous la conduite des architectes genevois Fabrice Jucker et DVK.

A terme, la modernisation et l’agrandissement du musée permettront non seulement une mise en conformité des installations, afin de garantir aux collections des conditions optimales en matière de conservation muséale, mais aussi d’accroître significativement le nombre d’objets présentés et, ce dans une scénographie nouvelle, tout en offrant en même temps de nouveaux locaux administratifs, techniques et de dépôt ainsi que des aires d'animation.


Coupe latérale du bâtiment. © Jean Nouvel, 1998

Musée d’art et d’histoire
Rue Charles-Galland 2
CH-1206 Genève
Tél. +41.(0)22.418.2500

Horaires d'ouverture : du mardi au dimanche de 10h. à 17h.

* http://www.fondation-musee.ch

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